"Alors que l’environnement devient un enjeu central de la présidentielle grâce à Nicolas Hulot, les intellectuels français, eux, restent absents du débat. Pourquoi un tel silence?"
Un constat puis une analyse intéressante sur les filiations culturelles qui empêchent probablement les intellectuels français de s'emparer de la question écologique :
"Elle règne en maître sur la pensée française, cette figure de l’intellectuel, héritier des Lumières, qui ont fait de l’homme le maître et dominateur de la nature. Tout ce qui, depuis deux siècles, fait consensus – le progrès et la raison, la croissance et l’accumulation de richesses indéfinies – perpétue un humanisme non écologique et un développement techno-économico-scientifique. [...] D’où des intellectuels qui continuent à ne penser qu’en termes classiques de droits de l’homme, là où il leur faudrait envisager une extension du champ de la responsabilité – agir de façon compatible avec la permanence d’une vie authentiquement humaine, pour paraphraser le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993).
[...] Sans compter qu’on n’a pas l’équivalent des “environnemental studies” des Américains. » Avec ce corpus d’études qui touche toutes les disciplines, et notamment l’économie, les Américains ont pu développer une vraie pensée qui commence à imprégner le monde économique – Joseph Stiglitz – et politique – Al Gore, Arnold Schwarzenegger, ou Greg Nickels, maire de Seattle et instigateur de l’Association des maires pour la protection du climat. [...]"
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Un constat puis une analyse intéressante sur les filiations culturelles qui empêchent probablement les intellectuels français de s'emparer de la question écologique :
"Elle règne en maître sur la pensée française, cette figure de l’intellectuel, héritier des Lumières, qui ont fait de l’homme le maître et dominateur de la nature. Tout ce qui, depuis deux siècles, fait consensus – le progrès et la raison, la croissance et l’accumulation de richesses indéfinies – perpétue un humanisme non écologique et un développement techno-économico-scientifique. [...] D’où des intellectuels qui continuent à ne penser qu’en termes classiques de droits de l’homme, là où il leur faudrait envisager une extension du champ de la responsabilité – agir de façon compatible avec la permanence d’une vie authentiquement humaine, pour paraphraser le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993).
[...] Sans compter qu’on n’a pas l’équivalent des “environnemental studies” des Américains. » Avec ce corpus d’études qui touche toutes les disciplines, et notamment l’économie, les Américains ont pu développer une vraie pensée qui commence à imprégner le monde économique – Joseph Stiglitz – et politique – Al Gore, Arnold Schwarzenegger, ou Greg Nickels, maire de Seattle et instigateur de l’Association des maires pour la protection du climat. [...]"">
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Commentaires
merci Katja pour ce lien, lu avec un peu de retard :) texte vraiment intéressant
une vraie question, en effet
merci pour cet article
www.oliceo.fr