Re: NOUS POETIQUE
[ Réponses ] [ Poster une réponse ] [ Forum Loft Story ]
Posté par jean-remi le 15 mai, 2001 à 10:38:44.
En réponse à : NOUS POETIQUE - réponse à Etienne, Joker, Natacha, Phil O'dendron... posté par Tatiana des Humains Associés le 14 mai, 2001 à 17:49:26:
Merci mille fois de nous rappeler poétiquement que nous sommes par nature des êtres poétiques. L'autre jour, j'entendais Michel Piccoli à Cannes dire le besoin, dans cette ère de l’audiovisuel où tout se vend et s’achète, d’être radical. La poésie comme racine, comme principe fondamental, comme ferme résolution face à l’inhumain en nous. Oui, décidément, il ne faut pas que j’oublie. Au moment où nombre de sociologues se font les défenseurs d’une émission qui bafoue la dignité humaine (je n’en reviens pas encore), qui trouvent que c’est un champ passionnant d’étude du post-modernisme (sic), je m’interroge sur ce NON-EVENEMENT qui fait l’événement. Ce n’est pas parce que quelque chose de l’ordre du néant se passe à la télé, que nous devons lui donner de l’ontologique ! Car en fait, il ne se passe strictement rien dans ce loft, sinon des batailles de polochons, ou des bipèdes qui couent des bonbons sur leurs sous-vêtements (je caricature à peine). Le jeu de massacre dont il est question ici n’a malheureusement rien à voir avec La liberté sur les barricades de Delacroix. Il n’y a pas de surenchère dans l’essentiel mais dans l’inutile, dans l’absence. On parle d’une école de la vie ? Au secours ! Jean-Luc Godard disait que la télé fabriquait de l’oubli. Loft-Story en est le plus magnifique exemple. Interviewé par Ardisson hier, Michel Polac disait que la dégénérescence a commencé (entre autres) lorsque le petit écran a été mis dans les griffes des marchands. Arté nous en fourni la preuve. Je suis en train de relire « La Grande Beuverie » de René Daumal, livre publié en 1938 et que je trouve plus que jamais d’actualité : « je montrerais dans ce livre le cauchemar de désemparés qui cherchent à se sentir vivre un peu plus, mais qui, faute de direction, sont ballottés dans la saoulerie, abrutis de boissons qui ne rafraîchissent pas. Je décrirais comment les boissons illusoires des paradis artificiels font oublier jusqu’au nom de la soif. Je ferai pressentir des boissons à la fois plus subtiles et plus réelles que celle d’en bas, mais qu’il faut gagner à la lueur de son front, à la douleur de son cœur, à la sueur de ses membres. Bref, comme le disait le sage Oïnophile, ‘’alors que la philosophie enseigne comment l’homme prétend penser, la beuverie montre comment il pense’’. Au plaisir de vous lire, Jean-Rémi
Réponses :
Poster une réponse :
|