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La vie marine menacée, des Kindles pour l’éducation au Ghana, les abeilles et les émotions

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés et sur Facebook. Chaque jour, nous partageons des liens de sources diverses.

Ocean View

Des scientifiques au chevet des océans : la vie marine menacée d’extinction

Selon un rapport de synthèse rédigé par 27 des plus grands spécialistes de la biodiversité marine réunis en congrès à l’université d’Oxford, les océans sont en très grand danger, et la vie marine, faune et flore, est gravement menacée. Leurs conclusions sont sans appel : le réchauffement global des eaux, l’acidification des océans, l’appauvrissement des milieux marins en oxygène (hypoxie) sont autant de signes caractéristiques annonciateurs d’une phase d’extinction massive, comme la Terre en a déjà connue cinq.

Les scientifiques expliquent que les niveaux de carbone absorbé par les océans “sont déjà bien plus élevés aujourd’hui qu’à l’époque de la dernière extinction de masse d’espèces marines, il y a environ 55 millions d’années, lorsque près de 50% de certains groupes d’animaux d’eau profonde furent exterminés”.

L’accélération de la fonte des glaces polaires, l’élévation du niveau des mers, le relâchement dans l’atmosphère du méthane piégé dans le permafrost qui est en train de fondre, l’apparition d’espèces invasives (certaines méduses), la prolifération d’algues nocives, la disparition massive de poissons à longue durée de vie (le thon) entraînent un bouleversement de l’équilibre des chaînes alimentaires et la destruction des écosystèmes. À cela, il faut ajouter les conséquences désastreuses des activités humaines qui ne font qu’aggraver la situation (surpêche, destruction des habitats, pollution chimique, micro-déchets en plastique) et peuvent, à terme, entraîner la destruction pure et simple de la vie marine.

“En considérant l’effet cumulatif de ce que l’humanité fait subir aux océans, nous nous sommes aperçus que les conséquences étaient bien plus graves que ce dont chacun de nous s’était rendu compte de son côté”, déclare Alex Rogers, directeur scientifique du Programme international sur l’Etat des Océans (Ipso), qui a organisé le congrès.

Ils en appellent à une prise de conscience mondiale urgente pour sauver ce qui peut encore l’être, et invitent les dirigeants du monde entier à des actions politiques concertées pour travailler à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la lutte contre la surpêche, à la protection des habitats menacés et à “l’adoption en urgence d’un meilleur système de gouvernance des eaux internationales, encore très peu protégées mais qui représentent la majeure partie des océans du monde entier.”

(Lire l’article sur Le Figaro.fr)

Tags : Océan, vie marine, pêche, surpêche, extinction, réchauffement climatique, menace, CO2, pollution, habitat, destruction, fonte des glaces, disparition, espèces, méthane, éco systèmes, Ipso, gaz à effet de serre, hypoxie, acidification, montée des eaux, activités humaines, humanité, biodiversité

En Novembre 2010, l’association Worldreader.org a mis en place le tout premier projet pilote de grand envergure d’e-readers dans les pays en voie de développement. Des livres et des Kindle d’Amazon.com ont été remis à 500 personnes, enseignants et élèves. Voila le résultat (voir vidéo).

Des Kindle et e-reader au service de l’éducation en Afrique

Dans les pays en développement, beaucoup d’enfants n’ont pas accès aux livres. C’est en partant de ce constat que David Risher et Colin McElwee, fondateurs de l’ONG Worldreader, ont mis en place un projet éducatif au Ghana qui utilise les outils de lecture numérique (Kindle et e-reader) et les contenus numériques, pour rendre la connaissance accessible au plus grand nombre. En partenariat avec le ministère ghanéen de l’Éducation, la maison d’édition Random House (qui a fait don de milliers de livres numériques) et Amazon.com.

Le projet « iRead » a été mené au Ghana auprès de 500 élèves du primaire et secondaire, et a cherché à déterminer l’impact de l’utilisation des outils numériques sur l’apprentissage de la lecture. Les résultats sont très satisfaisants et montrent que les élèves ont rapidement adopté cet outil (les plus jeunes étant les plus réceptifs) et ont téléchargé gratuitement des milliers de contenus (œuvres classiques, extraits de journaux, jeux éducatifs). Ils ont fait d’importants progrès en lecture et diction, ils ont amélioré leurs capacités de compréhension (+ 13 %) et leurs résultats scolaires ont progressé. Ces nouveaux outils permettent également de réduire les coûts d’accès à la connaissance (impression papier, transport). Ils sont d’une utilisation proche de celle du téléphone portable (e-reader), permettant un accès aux livres, journaux et magazines via les réseaux (un million de livres sont actuellement accessibles gratuitement en format numérique sur la Toile), et les Kindles se rechargent à l’énergie solaire, grâce aux panneaux photovoltaïques installés sur le toit des écoles.

Le but de Worldreader est non seulement l’accès à l’éducation et à la connaissance pour les enfants, mais également la mise en place d’une filière économique viable pour les outils de lecture numérique dans les pays en développement. Grâce à la couverture 3G (51% du territoire sub-saharien en Afrique) qui ne cesse de s’étendre, la demande pour les outils numériques augmente et les prix à l’achat baissent (Kindle est passé de 400 à 190 dollars en 24 mois). L’ONG souhaite aller vers la numérisation et la vente de livres africains à moins de cinq dollars, et l’accès à ces œuvres à l’échelle internationale. Un deuxième projet a été mis en place au Kenya. Il fournira des e-readers aux élèves des écoles kenyannes, et formera des professeurs.

Dans le marché en devenir que représentent les pays en voie de développement, les initiatives menées par Worldreader ont permis une importante pénétration des nouvelles technologies. Pour l’ONG, l’avenir est à l’e-book via les téléphones portables, sachant qu’il y a près de 500 millions d’utilisateurs de mobiles en Afrique.

Les vidéos du projet « iRead » sont visibles sur YouTube.

(Lire l’article sur Inaglobal.fr)
Return of the Bee

Les abeilles pourraient avoir des émotions

Les abeilles sont devenues les premiers invertébrés à faire preuve de pessimisme, un trait cognitif caractéristique réputé réservé aux animaux “avancés”. Si l’on interprète ce blues des abeilles comme on le ferait dans le cas des chiens, des chevaux ou des humains, alors il se peut bien que les insectes aient des sentiments !

La réaction des abeilles “a plus de choses en commun avec les vertébrés qu’on ne le pensait auparavant”, écrivent Melissa Bateson et Jeri Wright, chercheurs à l’Université de Newcastle, dans l’article publié le 2 juin dans Current Biology, faisant état de leur étude sur les abeilles, qui “suggère que les abeilles pourraient êtres considérées comme manifestant des émotions”. Bateson et Wright ont fait passer à leurs abeilles un test conçu pour révéler si des animaux, comme les humains, sont capables de faire l’expérience d’états cognitifs dans lesquels une information ambiguë est interprétée de manière négative.

Bien sûr, contrairement aux personnes contrariées, les animaux ne peuvent pas dire que le verre est à moitié vide. Les chercheurs doivent d’abord les entraîner à associer un stimulus – un son, une forme, ou, pour les abeilles, une odeur – à une récompense positive, et un autre à une punition. Ensuite, en soumettant les animaux à un troisième stimulus, intermédiaire, il est possible de déterminer leur type d’attitude général. Comme une personne déprimée qui voit de l’hostilité dans un regard neutre, les animaux pessimistes ont tendance à traîter un tel stimulus incertain comme une punition.

De tels tests peuvent sembler simplistes, en comparaison de la richesse des émotions humaines, mais ils sont le plus objectif des outils disponibles pour comparer la cognition d’une espèce à une autre. Et le pessimisme ne représente pas un exploit mineur : c’est une forme de biais cognitif, considéré chez les humains comme un aspect du phénomène de l’émotion. Vous ne pouvez pas être pessimiste si vous n’avez pas une vie intérieure.

Des recherches antérieures ont montré que les rats et les chiens sont capables de pessimisme. Bateson a également fourni des éléments relatifs au pessimisme chez les étourneaux. Mais bien que les abeilles aient passé avec succès des tests de reconnaissance de configurations et de modélisation spatiale, il est généralement considéré peu probable, sinon proprement risible, que des émotions prennent place dans leurs cerveaux de la taille d’une graine de sésame.

“Les invertébrés comme les abeilles ne sont pas particulièrement considérées comme ayant des émotions de type humain”, dit Bateson, pourtant les abeilles et les vertébrés partagent de nombreux traits neurologiques. “Dans un très lointain passé, nous avons un ancêtre commun. La physiologie de base du cerveau s’est maintenue au cours de l’évolution. Il y a des similarités fondamentales.” Jusqu’à présent, cependant, elles n’avaient pas été testées. Bateson et Wright ont entraîné leurs abeilles à associer une odeur avec une récompense sucrée, et une autre avec quelque chose d’amer. Elles ont ensuite secoué la moitié des abeilles, simulant l’attaque d’un prédateur. Après cela, les abeilles secouées ont continué à répondre positivement à l’odeur sucrée, mais ont été moins disposées à explorer l’odeur intermédiaire.

Des analyses ultérieures du cerveau des abeilles secouées ont révélé des niveaux inhabituels de dopamine, de sérotonine et d’octopamine, trois neurotransmetteurs impliqués dans l’état de dépression. En résumé, les abeilles ont agi comme si elles étaient pessimistes, et leur cerveau semblait également indiquer cela.

“La méthodologie est solide”, estime Lori Marino, un neurobiologiste évolutionnaire de l’Université d’Emory, non impliqué dans l’étude. “Je ne pense pas que ce soit extrapoler trop loin que de dire qu’elles sont en train de toucher du doigt les émotions des abeilles. Après tout, il faut bien que tout animal ait des émotions pour pouvoir apprendre et prendre des décisions. Et nous savons déjà, grâce à de nombreuses autres études, que les abeilles sont vraiment sophistiquées du point de vue cognitif.”

Mais Bateson a indiqué que les résultats pourraient être interprétés d’une autre façon : “soit les abeilles ont des sentiments, soit les biais cognitifs ne sont pas reliés de manière aussi serrée qu’on ne le pensait aux sentiments. Peut-être un biais cognitif n’est-il pas une bonne mesure de l’émotion.”

Dans de prochaines études, Bateson espère recueillir chez les abeilles d’autres formes d’émotions apparentes, comme la joie. Elle s’interroge également sur les effets mentaux des produits chimiques et de la maladie : “il serait intéressant de savoir si les pesticides altèrent leur cognition en créant des états similaires à la dépression”.

(Lire l’article en anglais sur Wired.com)

Redwoods Trio

Reboiser ne suffira pas pour réduire le réchauffement climatique

« Reboiser ne peut pas se substituer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre » : telle est la conclusion d’une étude canadienne publiée dans la revue Nature Geoscience et menée par Vivek Arora et Alvaro Montenegro (universités de Victoria et de St. Francis Xavier, au Canada). En modélisant cinq scénarios de reboisement sur une durée de 50 ans (de 2011 à 2060) et en examinant quels seraient les effets sur la terre, l’eau et l’air si la température à la surface de la terre augmentait de 3 degrés d’ici 2100, les auteurs montrent que la reforestation de toutes les surfaces cultivées de la Terre n’aurait qu’un impact très limité sur la diminution du réchauffement climatique global, de 0,45° seulement d’ici 2081-2100.

D’une part, parce qu’il faut des dizaines d’année avant que les forêts soient en mesure de capter le CO2, qui stagne durant des siècles dans l’atmosphère, et d’autre part, parce que dans la mesure où les forêts sont plus sombres que les terres cultivées, elles absorbent plus d’énergie du rayonnement solaire, ce qui accroît la température. Remplacer par des forêts les surfaces couvertes de neige ou de céréales, de couleur claire, diminue donc l’effet “albédo”, qui réfléchit l’énergie solaire vers l’espace. Sans compter que les scénarios de reboisement complet ne sont pas réalistes, puisque les terres cultivées sont indispensables pour nourrir la population mondiale en constante augmentation (9 milliards d’individus prévus d’ici 2050).

« Le reboisement en soi n’est pas un problème, il est positif mais nos conclusions indiquent qu’il n’est pas un outil pour maîtriser la température si on émet des gaz à effet de serre comme on le fait actuellement », indique Alvaro Montenegro. De fait,  la déforestation, principalement dans les forêts tropicales, n’est à l’origine que de 10 à 20% des émissions de gaz à effet de serre.

(Lire l’article sur 20 Minutes.fr)

green economy

Investir 2% du PIB mondial pour rendre plus écologiques 10 secteurs centraux pourrait conduire à une économie verte

“Vers une économie verte : des voies d’accès au développement durable et à l’éradication de la pauvreté.” Ce rapport a été compilé par l’Initiative pour une Économie Verte de le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), en collaboration avec des économistes et des experts du monde entier. Il montre que le “verdissement” des économies ne représente généralement pas un frein pour la croissance, mais plutôt un nouveau moteur de croissance, c’est-à-dire qu’il est globalement générateur d’emplois décents, et qu’il représente également une stratégie vitale pour l’élimination de la pauvreté persistante. Le rapport vise également à motiver les décideurs pour créer les conditions permettant d’accroître les investissements de transition vers une économie verte.

(Lire l’article en anglais sur UNEP.org)

Des filets innovants pour sauver de l’extinction les poissons et les pêcheurs

Chaque année, 27 millions de tonnes de poissons sont rejetés, morts, à la mer, parce qu’ils étaient trop jeunes, ou de la mauvaise espèce. Les pêcheurs anglais ont abandonné l’an dernier 2 poissons sur 3 pêchés ! Parmi eux, de nombreux représentants d’espèces menacées…

La plupart des techniques de pêche à l’heure actuelle sont non sélectives, et les poissons susceptibles d’être commercialisés sont la minorité, parmi l’ensemble des poissons effectivement pêchés.

Le SafetyNet (“filet de sécurité”) est un nouveau système de chalutage qui réduit la prise et le rejet ultérieur de poissons trop jeunes ou d’espèces menacées. En tirant parti d’une connaissance des habitudes comportementales et de la physiologie des poissons, le chalut sépare les poissons de différentes espèces et de différents âges.

La vidéo, très pédagogique, montre comment l’insertion d’anneaux de renforcement dans certaines mailles du filet peut garantir une taille minimale des ouvertures et, grâce à un système d’éclairage intégré, guider les poissons les plus petits, non destinés à la consommation, vers la sortie ! De même, un système maintenant le chalut à 1 mètre du fond marin permet de limiter grandement l’impact sur cet élément important de l’écosystème océanique. Enfin, une séparation horizontale à l’intérieur du filet permet de récupérer dans le compartiment supérieur les poissons qui réagissent au stress en nageant vers le haut, comme le haddock ou le merlan, et dans le compartiment inférieur les poissons qui ont tendance à se diriger vers le bas, comme les morues qui sont particulièrement menacées et peuvent alors être relâchées.

De telles innovations peuvent rendre durable l’industrie de la pêche, apportant la sécurité aux 40% de la population mondiale qui utilisent le poisson comme source de nourriture primaire, mais aussi aux pêcheurs eux-mêmes, qui vivent de cette industrie.

(Vidéo sur Safetynet.dan)

Protected Planet.net : un site  interactif dédié aux zones protégées de la planète

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) s’est joint à l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) pour créer “protectedplane.net” – un site web interactif sous forme de média social qui fournit des informations détaillés sur les actions marquantes, mais aussi sur les initiatives moins connues mais précieuses œuvrant à la préservation du monde. À l’aide des images satellites les plus récentes, l’utilisateur peut se pencher sur des zones protégées particulières – telles que les parcs nationaux ou les réserves marines – et zoomer pour obtenir des informations sur les espèces en danger, la vie des plantes autochtones ou les types de sols. Suivre avec précision la progression de la situation sur l’ensemble de la planète permettra d’estimer l’efficacité et l’impact des programmes en cours, afin de les améliorer, de les adapter ou de les étendre en se basant sur des données de qualité le plus complètes possibles.

protectedplanet.net

(source leshumains)

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