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Géolocalisation et humanitaire participatif, désertification, forêts et carbone

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partageons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée à la lutte contre la désertification, la baisse du stockage naturel de carbone par les forêts, la fonte accélérée des glaciers du Groenland et la géolocalisation sur mobile comme nouvel outil humanitaire et participatif.

Plowing fields, Mali. Photo: © Curt Carnemark/World Bank

Plowing fields, Mali. Photo : © Curt Carnemark/World Bank

2010-2020 : Décennie des déserts et de la lutte contre la désertification

L’ONU a lancé en août dernier la « Décennie des déserts et de la lutte contre la désertification ». La désertification menace les moyens de subsistance de plus d’un milliard de personnes dans une centaine de pays. Un habitant de la planète sur trois, soit 2,1 milliards de personnes, vit sur des terres sèches, qui recouvrent déjà plus de 40% de la superficie du globe, principalement en Afrique (37 %), en Asie (33 %) et en Australie (14 %). Ces régions semi-arides risquent de devenir désertiques d’ici quelques années, sous l’influence du réchauffement climatique et de l’activité humaine (urbanisation, surpâturage, déforestation et cultures intensives).

« La dégradation continue des terres – qu’elle soit la conséquence de changements climatiques, d’une agriculture non pérenne ou d’une mauvaise gestion des ressources en eau – est une menace pour la sécurité alimentaire. Elle expose les communautés, qui sont déjà parmi les plus affectées, à de nouvelles famines », a déclaré le Secrétaire général, Ban Ki-moon, lors du lancement de cette Décennie. Par ailleurs, la désertification pourrait entrainer 42 milliards de dollars (33 millions d’euros) de pertes annuelles pour les régions touchées selon la Banque mondiale.

L’objectif de la Décennie est de faire reculer la désertification et d’amoindrir ses effets sur la pauvreté et sur le climat. L’ONU plaide pour «une réponse globale» au phénomène de la désertification, ce que devrait favoriser la mise en relation des pays victimes de désertification, comme l’Afrique de l’Ouest et le Brésil. Peter Hochet, anthropologue associé au centre de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) explique qu’«il y a plusieurs techniques d’adaptation: construire des cordons pierreux, l’agriculture de conservation, des bassins de rétention d’eau, le reboisement, etc. » Plusieurs initiatives pour lutter contre la désertification ont vu le jour dans les pays concernés, notamment en Afrique avec la création d’une «Grande muraille verte» parcourant le continent d’Est en Ouest. (Lire les articles sur 20 Minutes ici et sur Bioaddict, ici)

A bamboo forest in the heart of China - Photo : Steve Webel

A bamboo forest in the heart of China - Photo : Steve Webel

Gaz à effet de serre : les forêts captent de moins en moins de carbone

Une récente étude de l’université du Montana, publiée dans la revue Science, révèle que le stockage naturel de CO2 par les plantes diminue depuis 2000. Alors qu’une étude en 2003 avait au contraire montré que le réchauffement climatique favorisait la croissance et donc la captation de carbone par les plantes, la nouvelle étude, établie sur la base de données satellitaires de la NASA, montre que la végétation mondiale a absorbé 550 tonnes de carbone de moins que lors de la précédente période étudiée.

 Si le phénomène a surpris les scientifiques, ils l’expliquent néanmoins par une série de sécheresses qui ont touché l’Australie, l’Amérique du Sud et l’Afrique, où 70% des arbres ont capté moins de CO2 qu’habituellement au cours des dix dernières années.

Ce phénomène risque d’avoir des répercussions importantes sur le climat : Avec le réchauffement, les sécheresses régionales risquent de se multiplier et ainsi réduire la capacité de stockage des plantes, soumis au stress climatique. Une fragilisation de la végétation qui menace aussi la sécurité alimentaire mondiale et la capacité de production de biocarburants. Les auteurs de l’étude soulignent que « le suivi des évolutions climatiques mondiales sera essentiel pour déterminer si la réduction observée du pouvoir de stockage des arbres constitue une simple variation décennale ou un véritable tournant de la séquestration terrestre du carbone. » (Lire les articles sur Maxiscience ici et sur le Guardian ici, en anglais)

Ice Island Calves off Petermann Glacier - Photo : NASA Goddard

Ice Island Calves off Petermann Glacier - Photo : NASA Goddard

La fracture du glacier Petermann, un signal d’alarme pour la fonte du Groenland

L’iceberg géant Petermann qui s’était détaché début août du Groenland a envoyé un nouveau « signal d’alarme » aux scientifiques sur les risques d’une fonte accélérée des glaciers de l’île et d’une hausse catastrophique du niveau de la mer. La rupture de cet immense bloc de glace d’une surface de plus de 250 km2 (soit quatre fois Manhattan) laisse entrevoir les conséquences potentielles du réchauffement au Groenland.

La glace du Groenland retient suffisamment d’eau gelée pour faire monter d’au moins cinq mètres le niveau des mers en cas de fonte. Il y a encore quelques années, le consensus régnait parmi les scientifiques spécialistes du climat groenlandais qui attribuaient une grande stabilité à la calotte supposée conserver sa masse de glace. Aujourd’hui, les mêmes estiment que la fonte, due au réchauffement, entraînerait une élévation d’au moins 50 cm à un mètre d’ici 2100. Ce qui suffira pour engloutir les grandes villes côtières et en chasser des centaines de millions d’habitants.

La fracture du glacier Petermann renforce aussi une autre conviction parmi les scientifiques : c’est l’océan réchauffé, et non la température de l’air, qui est la principale cause de fonte des glaciers. Or c’est une mauvaise nouvelle, car une fois l’océan réchauffé, son inertie est bien supérieure à celle de l’air et risque de perdurer bien plus longtemps. (Lire l’article dans Romandie News ici)

Ushahidi - Photo : whiteafrican

Ushahidi - Photo : whiteafrican

La géolocalisation sur téléphone mobile : vers un humanitaire participatif

Le mobile est en passe de devenir un vecteur à part entière de l’humanitaire de demain. Géolocalisation et SMS reporting sont devenus les nouveaux outils des interventions d’urgence, dans des pays où souvent les téléphones portables dépassent l’équipement en ordinateurs. Les nouveaux procédés utilisent la géolocalisation pour cartographier en temps réels les incidents («crisis mapping») via des informations envoyées par SMS ou courriels par les personnes sur place («crowdsourcing»).

Le procédé est né au Kenya en 2008, pour faire face aux émeutes post-électorales que subissait le pays. Baptisé Ushahidi («témoignage» en swahili), ce système d’information s’est étendu à une échelle internationale afin de générer des cartographies participatives dans les pays en crise et a été utilisé dans de nombreux pays pour venir en aide aux populations sinistrées. Ainsi, lors des tremblements de terre en Haïti, ou au Chili, les voies praticables ou les campements de fortune des survivants ont pu être localisées au quotidien par les bénévoles ou les sinistrés eux-mêmes. Une application Iphone «Oil reporter» a permis en temps réel de recenser les dégâts de la marée noire dans le Golfe du Mexique. En France, les applications de Premiers secours et d’Alerte Enlèvement s’inscrivent dans la même logique.

Avec les médias électroniques, une nouvelle gestion des crises humanitaires émerge : mieux informés, plus efficaces, les secours sont aujourd’hui les maillons primordiaux d’une vaste chaîne qui permet à chacun de jouer un rôle dans les résolutions des conflits d’urgence. (Lire l’article sur le blog Supermobile ici, le blog CrisisCommons ici)

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