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Prix de la biodiversité, jardin d’Eden, pollution aux PCB, mines des Appalaches et monde à 4°C

Revue de liens reprenant les infos les plus pertinentes diffusées sur Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée aux bénéfices économiques de la biodiversité, au retour de la vie dans les marais de Mésopotamie, à la pollution aux PCB dans les rivières françaises, à la destruction des montagnes des Appalaches par l’industrie du charbon et à la cartographie d’un monde à plus de 4 C° par Google Earth.

Buying food at the market - Photo: Curt Carnemark / World Bank

Buying food at the market - Photo: Curt Carnemark / World Bank

Les entreprises et les consommateurs commencent tout juste à reconnaître le coût économique de la destruction de la biodiversité

Un nouveau volet du projet Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) [Économie des écosystèmes et de la biodiversité] vient de paraître début juillet. TEEB est une initiative soutenue par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, pour attirer l’attention sur les bénéfices économiques de la biodiversité, mettre en lumière les coûts croissants de sa destruction et mettre en commun l’expertise scientifique, économique et politique pour la mise en place d’actions de terrain.

Le directeur du rapport, Pavan Sukhdev, met en lumière le problème central au croisement de l’économie et de l’environnement : La société moderne ne prend en considération que les biens échangés sur les marchés et ne mesure ni n’attribue de valeur à quelque chose qui est échangé ailleurs que sur un marché. C’est spécialement vrai pour les biens et services publics qui comprennent une large portion des bénéfices que la nature procure à l’homme. Ainsi, le coût s’en fait ressentir qu’une fois les services naturels dégradés ou détruits. Ce coût est amené à croître fortement dans les années à venir si l’on continue sur la même tendance.

Le rapport donne quelques exemples de l’impact de la perte de la biodiversité, qui est évalué globalement à des trillions de dollars. Ainsi, la pollinisation par les abeilles est évaluée à 189 milliards par an, la déforestation coûte 2-5 milliards de dollars par an. Au-delà du coût lui-même, la plupart de ces services naturels rendus par la nature ne peuvent être efficacement remplacés par d’autres moyens.

Le rapport souligne que la prise de conscience augmente chez les consommateurs et les entreprises. Ainsi, le marché du bio a augmenté de 300% entre 1999 et 2007. Selon une enquête de PriceWaterhouseCoopers, 27% des PDG d’entreprises internationales affirment que le déclin de la biodiversité réduit leur capacité à faire des bénéfices. Le rapport TEED cite également de nombreuses entreprises qui prennent des initiatives pour réduire leur impact sur la biodiversité. Néanmoins, comme le rappelle Sukhdev, « les entreprises que nous avons créées sont sans âme et n’ont pas de raison intrinsèque d’être éthiques sur quelque sujet que ce soit. Leur nature est d’être égoïste. En ce sens, c’est aux gouvernements et aux leaders et penseurs de la société civile de s’assurer, par les limites qu’ils imposent, que l’entreprise ne devienne destructrice. » (Lire l’article sur Treehugger ici, en anglais. Voir le site de TEEB.)

Vanishing Marshes of Mesopotamia - Photo : NASA

Vanishing Marshes of Mesopotamia - Photo : NASA

L’eau et la vie reviennent dans « le jardin de l’Eden » d’Irak

L’assèchement des marais de Mésopotamie, situés dans le bassin des deux fleuves Tigre et Euphrate, a été un des crimes écologiques majeurs commis par Saddam Hussein. Considérée comme étant le lieu du jardin d’Eden de la Bible, la plus vaste zone humide du Moyen-Orient était un haut lieu de la biodiversité et une halte pour les oiseaux migrateurs sur le retour vers l’Europe ou l’Asie. Les habitants y ont développé une culture étroitement liée à cet écosystème, cultivant du riz et des dattes, vivant de la pêche et de l’élevage de buffles d’eau et utilisant les roseaux pour leurs bateaux et maisons.

Leur mode de vie a pris fin brutalement au début des années 90 quand Saddam Hussein a ordonné l’assèchement des marais pour punir la population pour un soulèvement après l’échec de l’invasion du Kuwait. La construction de 4 000 km de murs de terre, s’élevant jusqu’à 7 m de haut, ont réduit la surface des marais à 5-10% de leur taille initiale et laissé place à un désert vidé de ses habitants. La construction de barrages en amont des fleuves a encore renforcé le problème.

C’est après la chute de Saddam Hussein en 2003 que la population a commencé à revenir et à détruire les murs à la pelle, aidée plus tard par les ONGs et le PNUE. Aujourd’hui, 98% des digues sont détruites et la faune et la flore reviennent. La moitié des marais a été restaurée, et ce non dans un objectif de préservation de la nature, mais tout simplement pour rétablir les bases économiques et culturelles de la population. Mais frappée par une récente sécheresse et victime des barrages en amont sur le Tigre et l’Euphrate, la région reste fragile. Des ingénieurs misent sur un système de barrages pour recueillir l’eau de fonte des montagnes, pour simuler les crues saisonnières, essentielles pour les marais. (Lire l’article dans le Guardian ici, en anglais.)

Macro Water Drop - Photo : Tanya Puntti

Macro Water Drop - Photo : Tanya Puntti

Pollution au PCB dans les rivières françaises

Interdits en 1987 pour leur toxicité, les PCBs continuent de polluer et constituent un problème récurrent pour les professionnels de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et une menace sérieuse pour la santé publique. Le terme de PCB regroupe des molécules complexes utilisées de façon massive dans l’industrie à partir des années 1930 comme isolant thermique (dans les transformateurs et condensateurs électriques, les peintures, les revêtements de surface, les adhésifs ou encore les néons).

Non biodégradables, ils s’accumulent dans l’environnement : ce sont des POP, des polluants organiques persistants, au même titre que les dioxines. On sait aujourd’hui qu’ils favorisent le développement des cellules cancéreuses, qu’ils sont à l’origine de perturbations endocriniennes et qu’ils entraînent des problèmes neurologiques. Les mères et les jeunes enfants sont des populations particulièrement exposées. S’accumulant dès l’origine de la chaîne alimentaire, on retrouve des PCB dans les poissons d’eau douce et de mer et ils se répandent dans le monde entier, contaminant jusqu’aux ours polaires et aux dauphins, mais aussi des élevages de poules.

La prise de conscience du danger pour l’homme et l’environnement se fait lentement. En 2002, la firme américaine Monsanto a été condamnée pour avoir contaminé « le territoire d’Anniston – en Alabama- et le sang de sa population avec les PCB ». En 2007, une carte présentée par Nathalie Kosciusko-Morizet alors secrétaire d’État à l’Écologie dévoila 852 sites « moyennement à extrêmement pollués » aux PCB en France, et lancera le premier comité de suivi de pollutions aux PCB. Une directive européenne oblige l’État français à avoir détruit tous les transformateurs avant le 31 décembre 2010. Il s’agit également de stopper le vandalisme sur les sites industriels visant à récupérer le cuivre dans les incinérateurs et qui entraine de fait une pollution aux PCB. Et surtout, il faut dépolluer les sols et cours d’eau. La France a engagé 10 millions d’euros, mais selon Serge Orru, directeur général du WWF France, cette somme n’est pas suffisante, comparée par exemple aux trois milliards d’euros engagés par la Norvège pour dépolluer ses fjords. Pour lui, mettre en place un plan national ambitieux sera non seulement essentiel sur le plan de la santé, ce serait aussi une immense opportunité pour développer la recherche et l’innovation dans le domaine de la prévention et de la dépollution aux PCB, qui pourrait donner à la France une longueur d’avance dans cette problématique planétaire. (Lire la tribune de Serge Orru du WWF dans l’Express ici)

Mountain-top removal mining - Photo : The Sierra Club

Mountain-top removal mining - Photo : The Sierra Club

Comment les États-Unis rasent leur plus belle chaîne de montagnes

La course des États-Unis pour réduire leur dépendance énergétique face aux pays du Golfe a des conséquences parfois désastreuses, comme l’illustre plus que clairement la récente marée noire dans le Golfe du Mexique. Un autre exemple de la recherche d’énergie bon marché est donné par un journaliste environnemental, John McQuaid, à travers son reportage sur les mines de charbon des Appalaches. Leur exploitation se fait de façon particulièrement destructrice, avec la technique du « mountain-top removing », littéralement le rasage de montagne ou la décapitation des cimes, qui se fait à l’aide d’explosifs et de bulldozers.

Selon l’enquête de McQuaid, le rasage de montagne dans les Appalaches a détruit ou sévèrement endommagé des milliers d’hectares de forêt et enterré des milliers de kilomètres de ruisseaux durant les 20 dernières années. Les compagnies minières reboisent ensuite, néanmoins, les chantiers laissent place à un écosystème dévasté et mettent en péril le mode de vie et la santé des habitants sur des générations – sans parler de la destruction d’une des plus belles régions des États-Unis. (Lire l’article dans le Monde ici, voir le reportage multimédia ici, sur Yale 360, en anglais.)

The Impact of a Global Temperature Rise of 4°C

The Impact of a Global Temperature Rise of 4°C

Un aperçu du monde à 4°C avec Google Earth

En partenariat avec le nouveau gouvernement de coalition anglais, Google a publié une nouvelle carte sur son application Google Earth permettant de visualiser l’impact d’une augmentation des températures à 4 C° sur le monde.

Cette carte, complétée de liens texte et de vidéos explicatives, sera régulièrement mise à jour avec les dernières données. Elle permet de voir les différences d’augmentation de température selon les régions du monde. Les pôles, comme certains points en Alaska, Asie centrale et dans l’Amazone sont rouge foncé, avec un risque d’augmentation de 10 C°, tandis que l’Europe est orange avec 2 à 3 C°. La carte permet également d’isoler les différents impacts climatiques et par exemple ne considérer que la montée des eaux.

Comme l’a montré une étude récente, l’augmentation des températures de 4 C° est du domaine du possible voir du probable, si l’on considère les objectifs actuels de réductions d’émissions des pays du monde. Or, au-delà de 2°C, les impacts sont considérés comme critiques pour la vie et sécurité des hommes. Lors du lancement de la nouvelle carte, le ministre de l’environnement anglais, Greg Barker, a déclaré qu’elle renforce sa détermination à lutter contre le changement climatique créé par l’homme. (Lire l’article dans le Guardian ici, en anglais, voir un aperçu de la carte ici.)

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