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GIEC, Délocalisation du CO2, recyclage polluant des DEEE, réalité augmentée et écologie, Exxon Valdez

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée à la délocalisation des émissions de CO2, au recyclage des déchets électroniques qui pollue la Chine et l’Inde, à la réalité augmentée et ses applications possibles pour l’environnement, aux décès suite à la marée noire de l’Exxon Valdez et les questions sanitaires dans le Golfe, ainsi qu’au prochain rapport du GIEC.

Powerplant in Linfen - Photo : Bert van Dijk

Powerplant in Linfen - Photo : Bert van Dijk

Les pays développés exportent leurs émissions de CO2

Selon une étude de deux chercheurs californiens, les pays développés exportent près de 25% de leurs émissions liées à des produits manufacturés, principalement vers la Chine. Les États-Unis sont le principal exportateur de CO2, suivis de l’Europe et du Japon.

Pour identifier qui émet indirectement le plus d’émissions, les chercheurs ont réattribué leurs émissions à chaque pays développé, en fonction de leur balance commerciale de biens manufacturés et de la provenance des flux. Ils cherchent ainsi à identifier des couples de pays pour les mettre devant leur responsabilité partagée. A eux deux, la Chine et les États-Unis totalisent près de 12 milliards de tonnes de CO2. En valeur absolue, cela représente un tiers des émissions mondiales. Mais en valeur relative, les Américains exportent peu : 10,8% de leurs émissions, soit 2,5 tonnes par an et par habitant. A l’inverse, des pays tels que la France ou le Royaume-Uni exportent près d’un tiers de leurs émissions de CO2 liées à des biens manufacturés. Ce chiffre monte jusqu’à 50% pour de petits pays tels que la Suisse ou le Luxembourg qui ne fabriquent rien.

En Asie (hors Japon), la majorité de l’électricité est produite à partir du charbon. Un kWh électrique contient là-bas près d’un kg de CO2 contre 550 grammes pour la moyenne des pays de l’OCDE (et moins de 100 grammes pour la France). Un appareil électronique importé d’Asie à bas prix équivaut donc à l’émission d’une plus grande quantité de CO2. Bien qu’elle ait lieu à l’autre bout de la terre, cette délocalisation des émissions de CO2 est préjudiciable pour le monde entier. (Lire l’article sur GreenIT.fr ici)

Guiyu e-waste - Photo : Bert van Dijk

Guiyu e-waste - Photo : Bert van Dijk

Le recyclage des déchets électriques et électroniques empoisonne la Chine et l’Inde

Les déchets électriques et électroniques en provenance du monde entier atterrissent en Chine, plus grand récupérateur de DEEE, et en Inde, où ils sont recyclés de façon artisanale par des travailleurs pauvres qui en extraient des métaux rares. Une étude réalisée par des scientifiques européens montre qu’au travers de ce marché informel et peu encadré, la pollution engendrée est telle qu’elle annule les bienfaits du recyclage. En effet, pour extraire du plastique, de l’or, les techniques utilisées dans ces petits ateliers sont rudimentaires : les matériaux sont chauffés à haute température pour récupérer l’or, pendant que les fumées libèrent des dioxines et du plomb. Les résidus polluent les sols et les rivières, l’eau n’est plus potable aux alentours. A Guiyu, ville chinoise emblématique de ce marché, la concentration de plomb dans l’air est de 3 à 4 fois plus importante qu’à Tokyo. 80 % des enfants qui vivent à Guiyu souffrent de maladies respiratoires. De plus, une fois que certains métaux ont été récupérés, les résidus de ces déchets repartent en Afrique pour un autre recyclage générant une pollution et des risques supplémentaires. (Lire l’article sur GreenIT.fr ici, voir la galerie de photos E-waste in China ici)

La réalité augmentée peut-elle sauver la planète ?

Sean White, un scientifique post-doctorant à l’université de Colombia a fait un exposé sur la façon dont la réalité augmentée peut être utilisée au service de l’environnement. Elle peut donner aux scientifiques des outils permettant de visualiser les données et dégager du sens d’une masse d’informations. White a illustré ses propos de trois exemples :

  • Identifier les espèces végétales : En utilisant une technologie de reconnaissance d’image, White et le Smithsonian Institute ont créé une application mobile qui peut identifier la feuille d’un végétal à partir d’images stockées dans une base de données. A partir de la photo de la feuille, l’application présentera une sélection réduite d’espèces correspondantes. Cela permet à des botanistes sur le terrain de gagner du temps. Actuellement, l’identification nécessite de parcourir des pages et des pages d’illustrations à la recherche d’une correspondance.
  • Visualiser le taux de CO2 dans un environnement urbain : Un autre dispositif expérimenté à New York a consisté en une mesure du taux de CO2, couplé à un GPS particulièrement précis et un altimètre. Des cartes détaillées de la pollution liée au CO2 ont ainsi été établies pour un quartier pilote. Visualisées dans un environnement en 3D et superposées dans une vue en réalité augmentée, la troisième dimension a permis une analyse des données bien plus riche que la 2D. Pour exemple, on a pu comprendre que la zone où le CO2 était anormalement élevé se situait à l’angle d’une rue où des camions attendaient en file pour faire des livraisons. La simple carte 2D n’aurait permis cette compréhension approfondie.
  • Trouver un emplacement idéal pour une éolienne : En utilisant une technologie analysant les variations de la lumière (Light Detection and Ranging), les scientifiques peuvent pointer des instruments vers le ciel et observer les courants d’air locaux en déterminant la direction et la vitesse du vent. Ils peuvent ensuite utiliser la réalité augmentée sur le terrain afin de déterminer les emplacements idéaux pour de futures éoliennes. Jusqu’à maintenant, d’énormes tours de mesure, très coûteuses, ont été érigées pour mesurer ce type de données.

D’autres applications peuvent être imaginées pour sensibiliser le grand public à la réalité du réchauffement climatique : telle que la visite d’un glacier et la visualisation, en réalité augmentée, de ce à quoi ressemblait le paysage quelques décennies plus tôt afin de prendre conscience, sur le terrain, du changement.

 (Lire l’article sur ReadWriteWeb ici)

Presque toute l’équipe qui a nettoyé la marée noire de l’Exxon Valdez est décédée

Face au manque de transparence de BP sur la composition des dispersants utilisés dans le Golfe du Mexique, ce journal de CNN tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que l’espérance de vie des personnes ayant participé au nettoyage après la marée noire en Alaska ne dépassait pas 51 ans et que presque tous sont décédés depuis. Les autorités locales n’ont pas d’informations sur les produits auxquels les travailleurs dans le Golfe étaient confrontés et seuls les médecins de BP ont le droit de les traiter. La question est posée si l’administration américaine garantit une protection suffisante des citoyens. (Voir la vidéo sur YouTube)

Closing in (Arctic Ocean) - Photo : US Geological Survey

Closing in (Arctic Ocean) - Photo : US Geological Survey

Changement climatique : Le GIEC prépare son cinquième rapport

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a révélé la liste des 831 scientifiques chargés de rédiger le cinquième rapport sur le réchauffement de la planète qui sera publié entre 2013 et 2014. Selon ses déclarations, il s’agit d’une liste d’auteurs plus variés. Un  tiers des scientifiques proviennent de pays en voie de développement, un quart sont des femmes et plus de 60% travailleront pour le groupe pour la première fois. Leurs domaines vont de la météorologie à la physique, en passant par l’océanographie, la statistique, l’ingénierie et l’économie. Le nouveau document sera divisé en trois sections, avec des observations climatiques, l’impact du réchauffement et des stratégies pour y répondre.

Prix Nobel de la paix en 2007, le GIEC cherche à restaurer sa crédibilité auprès de l’opinion. Il a été mis en cause après plusieurs « affaires », montée en épingle par les « climato-sceptiques », et qui ont jeté le trouble dans l’opinion publique fin 2009 et début 2010. L’organisme avait d’abord été mis sur la sellette après le piratage d’e-mails et dossiers confidentiels de certains de ses scientifiques, stockés dans les ordinateurs d’une université britannique. Il avait été ensuite vivement critiqué pour des « erreurs », qui s’avèrent minimes, dans ses précédents rapports.

Mais la mission du GIEC reste inchangée : apporter aux politiques et autres décideurs les informations scientifiques clés pour mesurer la situation et aider à contrecarrer le réchauffement climatique lié à l’activité humaine. Comme le rappelle Jean Jouzel, membre français du Giec : « Les critiques ne doivent pas remettre en cause le diagnostic principal du Giec sur le changement climatique en cours, et surtout sur les dangers de celui, beaucoup plus important, qui surviendra si nous continuons à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre ». (Lire l’article sur Developpement durable ici)

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