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Éboueurs du Caire après le massacre des porcs, Inde poubelle du monde, 5 continents de déchets (revue de liens)

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée au manque d’efforts pour améliorer l’accès à l’eau dans les pays les plus pauvres, à la difficile situation des éboueurs du Caire après le massacre des porcs, à la contamination des ouvriers dans les ateliers de recyclage en Inde, aux 5 continents de déchets qui flottent sur les océans du globe, aux engagements de réduction de leurs émissions de CO2 de 500 villes européennes et au programme Theseus qui cherche à anticiper la montée des eaux sur les côtés européennes.

Drinking water from a pump. Mali - Photo : Curt Carnemark / World Bank

Drinking water from a pump. Mali - Photo : Curt Carnemark / World Bank

Eau : 200 ans pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement

Selon les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), la moitié des 2,6 milliards de personnes sans eau potable ni installations d’assainissement de base devraient y avoir accès d’ici 2015. Mais pour atteindre cet objectif, les pays pauvres auront besoin de 18,4 milliards de dollars supplémentaires, sinon, au rythme actuel les objectifs ne seront réalisés qu’en 2200. Il s’avère que l’eau et l’assainissement reçoivent moins d’aides que d’autres secteurs – la santé, l’éducation, les transports, l’énergie et l’agriculture. En 1997, 8% de l’aide au développement ont été affectés à l’eau ; en 2008, ce chiffre est passé à 5% seulement. De plus, l’essentiel de cette aide mondiale a été accordé à des pays à revenu intermédiaire, les pays à faible revenu n’en recevant que 42%.

« La lenteur des progrès réalisés par les donateurs à l’échelle mondiale freine les progrès sur tous les Objectifs du millénaire pour le développement, y compris ceux concernant la mortalité infantile et la scolarisation des filles au niveau de l’école primaire », déclare Henry Northover, responsable chez WaterAid« L’assainissement est l’intervention de développement qui produit le plus de résultats en termes de santé publique, mais vous auriez du mal à trouver un seul donateur qui donne la priorité à l’assainissement dans les pays à faible revenu. » Le manque d’engagement des bailleurs est « symptomatique d’un problème plus vaste du système de l’aide humanitaire », poursuit-il. « Il existe une tendance importante chez les bailleurs, qui consiste à financer en masse la lutte contre les maladies ou des secteurs du développement qui sont déterminés par leurs propres préférences plutôt que par des preuves, ou par ce que disent les pauvres. » En effet, les populations pauvres de Zambie, d’Ouganda, du Nigeria et du Cameroun classent généralement l’eau potable en première position de leurs priorités. « Nous pensons que si les pauvres ne sont pas entendus lorsqu’ils classent systématiquement l’eau en première position, c’est en partie parce que c’est pour les femmes que le fardeau d’aller chercher de l’eau chaque jour est de loin le plus lourd, et que, souvent, la voix des femmes est peu entendue », explique M. Northover. (Lire l’article ici)

Eboueurs naturels - Photo : ScramEd

Eboueurs naturels - Photo : ScramEd

Après le massacre des porcs, les éboueurs du Caire tentent de s’adapter

Les milliers de porcs qui aidaient les chiffonniers du Caire en mangeant une partie des déchets ont été mis à mort par les autorités fin avril 2009 en réponse à la menace de la pandémie de grippe H1N1, dite « grippe porcine ». Une mesure jugée inefficace par tous les autres pays et qui dans les faits a principalement affecté la minorité copte (chrétienne), seule à élever ces animaux considérés comme impurs par la majorité musulmane de la population.

Éboueurs de génération en génération dans les bidonvilles du Caire, « les zabbaline nourrissaient les cochons avec les détritus comestibles qui ne leur coûtaient rien. En retour, la viande des animaux leur apportait un revenu complémentaire », explique Meqaddes Chahata, un représentant de la profession. Le massacre des porcs a réduit leurs revenus de moitié et leur disparition rend encore plus pénible le tri des ordures. Assises sur des tas d’immondices, les femmes séparent les végétaux et les déchets alimentaires du plastique et du verre, qui seuls peuvent être recyclés et revendus. En raison de la baisse de leurs revenus, les enfants, plutôt que d’aller en classe, sont encore plus qu’avant mis à contribution pour la collecte des déchets. Des buffles et des chèvres ont remplacé le cheptel porcin, mais sont incapables d’engloutir les mêmes quantités de déchets. « Des tonnes et des tonnes de déchets organiques continuent de s’empiler au Caire, c’est effrayant. Le problème c’est que personne n’a de vision scientifique pour traiter cela », indique Youssef Sidhom, directeur du journal Watani. (Lire l’article ici)

Electronic waste - Photo : Raveesh Vyas

Electronic waste - Photo : Raveesh Vyas

L’Inde réalise qu’elle peut devenir la « poubelle du monde »

Un incident grave à Mayapuri en Inde a mis en lumière fin avril les dangers du recyclage non réglementé. Après avoir été exposés dans une décharge à du Cobalt 60, sept personnes ont été admis d’urgence à l’hôpital, dont une, une personne de 35 ans, est décédée peu après d’une insuffisance généralisée, plusieurs organes ne fonctionnant plus. Le cobalt 60 est un élément chimique utilisé en médecine pour la radiothérapie et dans l’industrie où ses rayons servent à stériliser le matériel médical ou alimentaire. Selon l’agence américaine de protection environnementale, il peut se retrouver dans des dépôts d’ordures et des chantiers de ferraille, car il est souvent présent dans les conteneurs en métal. Selon un responsable de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), l’incident de Mayapuri est le cas d’exposition à des matériaux radioactifs le plus grave depuis 2006.

Selon le New York Times, le manque à la fois de contrôle dans les ports indiens et de normes internationales facilite l’introduction de matériaux dangereux – et parfois radioactifs. Malgré ces défaillances, le gouvernement indien est soupçonné de n’intervenir que dans les cas extrêmes, comme celui de Mayapuri. Car en plus de combler les besoins en métaux du pays, l’importation de métaux usagers, ou « ferraille » emploie des milliers de personnes, rien qu’à New Delhi, qui après avoir acheté des conteneurs, revendent ensuite les métaux aux fonderies. Il y a quatre ans, dix ouvriers d’une fonderie de Ghaziabad, une ville à 20 km de New Delhi, ont été tués par l’explosion d’obus militaires iraniens, qui se trouvaient dans un conteneur de ferraille, arrivé via Dubai. (Lire l’article ici)

Ce n’est pas un continent de déchets qui pollue nos océans, mais cinq

Un regroupement d’ONG américaines, baptisé 5 Gyres, tente de sensibiliser le grand public au problème des « continents » de déchets qui se forment dans les océans. Le premier de ces « continents » a été connu sous le nom de Great Pacific Garbage Patch [Grande plaque de déchets du Pacifique]. Mais les scientifiques ont identifié quatre autres de ces concentrations de déchets, en tout il y aurait deux dans l’océan Pacifique, deux dans l’Atlantique et un dans l’Océan indien.

La cause de cette accumulation tient à la force des courants océaniques, qui en ces 5 points du globe tournent sur eux-mêmes, comme de gigantesques tourbillons. Ce phénomène est connu sous le nom de « gyre océanique ». Les déchets jetés dans l’océan sont donc condamnés, à plus ou moins longue échéance, à se retrouver piégés dans une gyre. Comme l’illustre la vidéo, ces zones sont appelées à croître dans les années à venir. A proximité de ces continents de déchets, la faune marine se meurt : poissons et oiseaux finissent étouffés après avoir ingéré des morceaux de plastiques, que l’action des vagues et du soleil a réduit en des particules de plus en plus petites. L’inquiétude des scientifiques est croissante concernant cette pollution, qui risque de se retrouver dans l’assiette des humains via la chaîne alimentaire. 

Le site de 5 Gyres rappelle que nous utilisons en permanence des produits jetables en matière plastique, un phénomène historiquement nouveau, puisque la génération précédente se servait encore d’emballages réutilisables ou recyclables, en papier, verre ou métal. Or, si le plastic est souvent à usage unique, la matière est fabriquée pour durer. De l’ensemble des produits en plastic, seuls 5% sont récupérés, 50% se retrouvent sur des décharges et une grande part disparaît littéralement dans la nature et finit par se retrouver dans les océans. (Lire les articles ici et ici).

CO2 emissions - Photo : freefotouk

CO2 emissions - Photo : freefotouk

500 villes européennes s’engagent à moins polluer

Plus de 500 maires de villes européennes se sont engagés début mai à réduire leurs émissions de CO2 de plus de 20% d’ici 2020. Ils entendent ainsi dépasser les objectifs globaux fixés par l’Union Européenne à Copenhague, limités à 20% de réduction. Les maires s’engagent à économiser de l’énergie, à accroître la part des énergies renouvelables et à sensibiliser leurs concitoyens. Parmi les villes françaises impliquées figurent Brest, Chamonix, Metz, Caen et Chambéry. En Allemagne, Munich participe au projet. L’Italie et l’Espagne comptent parmi les pays les mieux représentés.

Plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre sont générées par et à l’intérieur des villes. Quelque 80% de la population vit et travaille en milieu urbain, où sont consommés plus de 80% de l’énergie. L’initiative de la Convention des maires vise aussi à partager les meilleures pratiques entre les villes. Ainsi, la ville de Heidelberg a réduit ses émissions de près de 40% dans les bâtiments publics grâce à un suivi détaillé de la consommation et des « équipes d’énergie » dans les écoles. A Riga, le méthane produit dans les décharges est utilisé pour la production d’énergie et à Anvers, un ancien centre commercial sert de maison témoin pour les citoyens sur le thème de la construction durable. (Lire l’article ici, voir la liste des villes ici)

Tempête à La Ciotat mai 2010 - Photo : akunamatata

Tempête à La Ciotat mai 2010 - Photo : akunamatata

Comment protéger les zones côtières à risques

La tempête Xynthia qui a provoqué 51 morts sur la côte atlantique en février, puis les énormes vagues qui ont frappé Nice et Cannes en mai, ont souligné la fragilité des zones côtières. Partout en Europe, la densification de la population sur le littoral accroît les risques liés à l’inéluctable montée du niveau de la mer. Le programme européen Theseus doit aider à trouver des pistes concrètes pour protéger les habitants du littoral. Lancé en décembre 09, il est financé par l’UE et comprends 31 instituts partenaires qui pendant quatre ans vont passer à la loupe huit régions particulièrement fragiles, dont l’estuaire de la Gironde, dans l’objectif de livrer aux acteurs locaux des outils concrets pour limiter les dégâts liés à l’érosion et à la montée des eaux. 

Cette approche comporte différents aspects : le renforcement des digues, les systèmes d’alertes et d’évacuation, le relogement des populations. Ainsi, pour résister à une mer plus haute et potentiellement plus forte en conséquence du réchauffement climatique, les digues doivent être surélevés : « Pour une montée des eaux d’1 mètre d’ici 2100 – c’est le pire scénario envisagé – il faudra sans doute les surélever de deux mètres », indique Philippe Sergent, directeur scientifique du Centre d’études techniques maritimes et fluviales.

Le programme vise aussi à impliquer les populations locales en amont. Jean-Paul Vanderlinden, professeur de sciences économiques à l’Université de Versailles rappelle l’importance de bien communiquer auprès de la population, pour que celle-ci comprenne bien l’ampleur de la menace. « Lorsque l’on révèle un danger trop grand aux gens, on se rend compte qu’ils deviennent «sourds» aux avertissements. Pour éviter cela, les riverains doivent être impliqués activement à l’identification du risque et à l’aménagement du territoire », explique-t-il. Selon une étude de l’Union européenne, une bonne préparation de la population et des infrastructures permettrait de diviser par quatre le coût des dégâts qui ne manqueront pas de se produire si l’on n’agit pas à temps. Ainsi, sur la Côte d’Azur, l’alerte avait bien été donnée par Météo France, mais l’ampleur n’a pas été anticipée par la population sur place. A l’inverse, les habitants de Venise, habitués aux inondations, savent comment réagir et le coût des dégâts est désormais quasiment nul. (Lire l’article ici)

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