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2010, Année internationale de la biodiversité

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La biodiversité est à l’honneur en 2010, puisque l’ONU l’a déclaré thème de l’année. D’après les scientifiques, nous assistons à la sixième extinction massive des espèces, la précédente ayant abouti à la disparition des dinosaures. Les pertes ont été plus rapides au cours de ces 50 dernières années qu’à n’importe quelle autre période de l’histoire humaine. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime à 24 le nombre d’espèces menacées en 1975, à 1000 en 1985 et à 16 306 en 2007, année au cours de laquelle 785 d’entre elles se sont éteintes. Sur la « liste rouge » de l’UICN, 36 % des espèces animales et végétales sont menacées à plus ou moins long terme. Le taux d’extinction actuel des espèces est 100 à 1 000 fois plus rapide que le taux naturel.

La biodiversité a été défini par la Convention sur la diversité biologique, signé à Rio en 1992, comme «la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes». Un concept à large spectre donc, qui s’étend des gènes à la biosphère, en passant par les espèces et les écosystèmes. Outre la protection des espèces, la Convention de la biodiversité cherche à garantir un partage équitable des bénéfices de la biodiversité et à protéger les savoirs, pratiques et innovations traditionnels. La biodiversité a été considéré comme une « préoccupation commune à l’humanité » dès cette première conférence de Rio. Dix ans plus tard, en 2002, à la conférence de Johannesbourg sur le développement durable, l’un des objectifs était d’obtenir « d’ici à 2010, une réduction importante du rythme actuel d’appauvrissement de la diversité biologique ». Néanmoins, le bilan qui devra être dressé cette année, sera sans doute décevant.

Les écosystèmes rendent à l’espèce humaine des services environnementaux inappréciables, essentiels à sa survie : la fixation du carbone de l’atmosphère et la production d’oxygène, la protection des sols contre l’érosion et le maintien de leur fertilité, le filtrage de l’eau et le réapprovisionnement des nappes phréatiques, la fourniture d’agents de pollinisation et d’agents anti-parasitaires, etc. Véritable tissu vivant de la planète, la biodiversité est nécessaire à l’équilibre des chaînes alimentaires, à l’épuration de l’air, à la régulation du climat. L’espèce humaine y trouve de quoi s’alimenter, se chauffer, s’habiller et même se soigner : de 40 à 70 % de nos médicaments en sont issus. La richesse de la biodiversité accroît les chances de la vie sur terre de s’adapter aux changements.

La destruction humaine de la biodiversité, commencée dès le Paléolithique, s’est accélérée au cours de la Révolution industrielle, puis dans la seconde moitié du XXe siècle, avec l’explosion démographique, la surexploitation des ressources, la construction de villes et d’autoroutes, l’accumulation de déchets, la pollution, l’introduction d’espèces invasives, la déforestation, la monoculture… S’y ajoute l’impact du changement climatique : On sait déjà que face au réchauffement, certaines espèces ne pourront pas migrer assez vite.

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L’ONG Conservation International a recensé 34 hauts lieux de la biodiversité, des zones caractérisées à la fois par leur grand nombre d’espèces et par une menace accrue sur leur biodiversité. Sur ces « hotspots » qui représentent seulement 2,3% de la surface du globe, vivent trois quart de tous les mammifères, oiseaux et amphibien menacés, 42% de tous les vertébrés terrestres et environ la moitié des espèces végétales du monde.

De nombreux études évaluent la biodiversité du point de vue économique : Les apports de la diversité biologique ont été estimés annuellement entre 2 900 et 38 000 milliards de dollars. Dans les pays les plus pauvres, le capital naturel représente en moyenne 25% de la richesse d’un individu ; dans les sociétés riches et urbanisées, moins de 1%.

Face à la crise plus médiatisée du climat, la crise de la biodiversité manque de visibilité. « La perte de la biodiversité n’est pas comme le changement climatique dont nous pouvons voir et sentir les impacts : l’augmentation du niveau de la mer et des tempêtes. Dans le monde occidental, nous sommes devenus si éloignés de la biodiversité que nous avons oublié à quel point nous l’utilisons dans nos vies quotidiennes, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’aux vêtements que nous portons, en passant par les médicaments que nous utilisons », a expliqué l’UICN. Pour remédier à ce manque de visibilité, la création d’un mécanisme international d’expertise pour la biodiversité semblable à celui du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) est envisagée. Lancée en 2005, l’idée d’un panel international a progressivement évolué vers la mise en place de l’IPBES, Plate-forme intergouvernementale (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem services). Selon Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, cette plateforme devrait pouvoir voir le jour en 2010.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) plaide pour des objectifs ambitieux mais réalistes en matière de biodiversité, qui puissent être mesurés et mis en œuvre facilement. Elle demande également davantage de recherche sur les enjeux de la biodiversité, davantage de zones préservés sur terre et en mer et une collaboration plus étroite avec les entreprises pour trouver de nouvelles façons pour combiner protection et commerce. Une prise de conscience des enjeux par le grand public est également une priorité pour éviter que nous continuions à perturber et détruire les écosystèmes.

Au-delà de l’approche utilitariste, l’Année de la biodiversité nous invite à poser la question de la Vie sur terre et de notre responsabilité personnelle vis-à-vis de notre espèce et de notre planète et en appelle à une véritable éthique du vivant. « Nous faisons face à une grave crise dans le domaine de la biodiversité, explique Jane Smart, directrice à l’IUCN Biodiversity Conservation Group. Nous devons nous rappeler que l’extinction d’une espèce est irréversible, une fois qu’elle est exterminée, elle est partie pour toujours. La perte de cette merveilleuse et complexe diversité naturelle qui est à la base de toute la vie sur terre, constitue une menace sérieuse pour l’humanité, maintenant et à l’avenir.»

Comme le rappelle le Manifeste planétaire, texte fondateur des Humains Associés :

La terre est unique.
Ne la gâchons pas.
Ne nous gâchons pas.

Sources et ressources :

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2010 déclarée année internationale de la biodiversité (portail Développement durable)

Biodiversité : une crise planétaire en manque de visibilité (portail Développement durable)

Biodiversité (Goodplanet.info)

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