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Un monde à 4°C, Coût humain, l’après-Copenhague, haut débit en Afrique, pollution sonore #greenfr #cop15

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses.

Cette semaine, elle est consacrée aux impacts humains du changement climatique, aux nouvelles prévisions du PNUE et à la conférence de Copenhague, à la biodiversité, la pollution sonore et au développement du Web en Afrique.

Le réchauffement climatique s’accélère selon un nouveau rapport du PNUE

A quelques semaines de la conférence de Copenhague, le PNUE a publié une version actualisée des prévisions climatiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), dont le dernier rapport d’évaluation date de 2007. Reposant sur un examen de plus de 400 études climatiques publiées depuis, le nouveau rapport du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) conclut à un réchauffement planétaire de 1,4 à 4,3° C d’ici 2100. Les économies florissantes de la Chine, de l’Inde et d’autres pays émergents, combinées à l’absence de réduction des émissions dans les pays industrialisés, ont fait croître les émissions de gaz à effet de serre plus rapidement qu’envisagé par les prévisions les plus pessimistes du GIEC.

Selon ce rapport, les scénarii considérés jusqu’à présent comme des scénarii de long terme, sont déjà en train, ou sur le point de, se dérouler. Cela inclut l’acidification des océans, la fonte accélérée des glaces de l’Antarctique et du Groenland, l’augmentation du niveau des mers, la modification des courants océaniques et atmosphériques et la fonte du permafrost. Pour Ken Caldeira de l’université de Stanford, un des scientifiques auteur de ce rapport, « cette synthèse rappelle que nous faisons face à un risque bien plus important que nous ne l’avions annoncé dans les estimations du GIEC jusqu’à maintenant. » (Lire l’article ici, en anglais)

Une carte interactive sur les impacts d’une augmentation de 4°C de la température mondiale

Quelques semaines avant la conférence de Copenhague, dont l’enjeu est de limiter l’augmentation des températures à 2°C maximum, une nouvelle carte interactive sur les prévisions climatiques a été publiée par le gouvernement anglais en partenariat avec le MetOffice (l’institut météorologique anglais). La carte illustre les conséquences d’une hausse des températures de 4°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle. Elle met en évidence une partie des conséquences prévisibles, dont les températures extrêmes, les sécheresses, les risques de feu de forêts, l’augmentation du niveau de la mer, ainsi que les effets sur les ressources en eau et sur la production agricole.

Elle rappelle que la hausse des températures ne sera pas répartie de façon égale sur la surface du globe, les terres se réchauffant davantage que la mer, et les hautes latitudes, en particulier l’Arctique, seront le plus affectées. La moyenne de la hausse des températures sur terre sera de 5,5°C, elle s’élèvera jusqu’à 14°C sur les pôles. A titre d’exemple, dans un monde «à 4°C», les récoltes seront en baisse pour la majorité des cultures céréalières dans toutes les régions productrices et la pêche diminuée à cause de l’acidification des océans. La moitié des glaciers de l’Himalaya sera réduite de façon significative, privant 23% de la population chinoise de ressources d’eau douce.

Le ministre des Affaires étrangères anglais a déclaré que «nous ne pourrons faire face à un monde à 4°C. La carte illustre de façon claire l’ampleur des défis qui nous attendent – le changement climatique est un problème véritablement global qui demande des solutions globales, et ce sont des solutions que nous avons à portée de main.» (Voir la carte ici, lire les articles ici et ici, en anglais)

Érosion côtière – Le coût humain du changement climatique (Vidéo)

Dans la ville sénégalaise de Saint Louis, un homme observe tous les jours la montée du niveau de la mer qui menace son village. Il consacre deux jours par semaine à protéger sa maison avec des moyens dérisoires. Mais il sait qu’à terme, son village est condamné par l’érosion côtière et sera englouti par la mer qui s’approche d’année en année : «Avant, la mer était loin de nous, mais actuellement elle est proche de nous. Tout le monde est touché ici, tous les gens ont les mêmes problèmes.»

Cette vidéo fait partie de la série « Avis de tempête », réalisée par le PNUE et l’IRIN, et consacrée au coût humain du changement climatique en Afrique. Elle montre à travers des témoignages poignants l’impact sur la vie quotidienne de millions de gens, des sécheresses, désertifications ou inondations renforcées par les perturbations du climat, mais rend également compte de solutions innovantes d’adaptation. (Voir la vidéo et la série « Avis de tempête »ici)

http://www.flickr.com/photos/nattu/3945439186/

Not only our island nation that is sinking - Photo : nattu

Un plan B pour l’après-Copenhague

L’issue de la conférence sur le climat à Copenhague reste encore incertaine, largement dépendante de la position américaine et du vote d’une loi sur le changement climatique au Sénat. Selon les analystes, si aucun des acteurs majeurs n’envisage l’absence d’accord, les négociateurs commencent à parler d’un plan B pour 2010. En tout, trois scénarii sont envisageables :

1. Un accord sur une large base internationale peut être obtenu si les États-Unis votent une nouvelle loi sur le climat d’ici décembre, avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions et des fonds conséquents alloués aux pays en voie de développement pour les aider à s’adapter au changement climatique. Cela amènera les autres pays développés à des engagements plus forts, à la fois en termes financiers et de réductions des émissions. Les pays en voie de développement s’engageront à réduire leurs émissions dans le cadre de l’accord global et à ouvrir le suivi de ces efforts à la surveillance d’un tiers de contrôle indépendant.

2. Plan B : un accord en 2010. Le Sénat américain pourrait voter la nouvelle loi début 2010 seulement et les Américains mettront sur la table des négociations de la conférence de juin à Bonn, des objectifs de réduction des émissions et des engagements financiers précis. Au pire, le monde devra attendre la réunion annuelle sur le climat à l’ONU en décembre 2010. Les pays en voie de développement pourraient être réticents sur le plan juridique à revenir totalement sur l’accord de Kyoto.

Copenhague pourrait alors se conclure avant tout sur un accord politique, sur des points-clés énumérés par le WWF : des indications claires sur les sources et méthodes du financement ; l’assurance que les fonds proviennent de sources de revenus prévisibles ; une définition claire des institutions qui gèrent les fonds et du niveau de représentation des pays en voie de développement ; un financement immédiat. S’y ajouteront les offres de la Chine, de l’Inde et des autres pays développés, conditionnées à ce que les États-Unis prévoient dans leur loi. Il y a un fort risque d’impasse dans ce scénario, mais il reste le plus probable et pourrait néanmoins aboutir à un accord.

3. Le Sénat américain vote contre la nouvelle loi. Le pire des scénarios, dans lequel les autres pays avanceront à reculons, en espérant l’engagement final des États-Unis. Les négociations sur le climat finiront par ressembler aux négociations de commerce international, continuellement dans l’impasse. Les accords bilatéraux entre les pays remplaceront une politique globale, rapide et massive de réductions des émissions, nécessaire au vue des enjeux climatiques. (Lire les articles ici et ici, en anglais)

Beluga a loceanogràfic - Photo : Jofre Ferrer

Beluga a l'oceanogràfic - Photo : Jofre Ferrer

«L’empreinte acoustique» de l’homme rend «aveugles» les mammifères marins

Malgré l’interdiction de la chasse à la baleine à l’échelle internationale il y a plus de vingt ans, ainsi que des réglementations drastiques interdisant le déversement de produits chimiques polluants, de nombreuses espèces, telles les baleines bleues de l’Atlantique ou les bélougas de certaines régions du Canada, n’ont pas retrouvé leur taux de reproduction naturel d’antan. Les spécialistes des mammifères marins soulèvent alors un problème jusque-là minimisé : le dérangement par le bruit, appelé «empreinte acoustique». Cette «empreinte acoustique» de l’homme, de plus en plus envahissante, trouble l’environnement sonore des fonds marins et «rend aveugles» les mammifères marins, car ceux-ci se servent de l’ouïe comme les humains se servent de la vue. Que ce soit pour communiquer, se faire la cour, s’avertir d’un danger, scruter les fonds ou chasser en groupe, ces animaux produisent et entendent quantité de sons.

Or, « des études montrent qu’à cause de niveaux élevés de bruits, des endroits ont été désertés », comme l’indique Yvan Simard, spécialiste en acoustique marine à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (Est du Canada). «Leur habitat acoustique est de plus en plus envahi par l’activité humaine», confirme M. Michaud. Première source de nuisance, le trafic commercial, qui émet des basses fréquences détectables par les baleines bleues. «Près des côtes, la marine marchande a triplé le niveau de bruit ambiant», souligne-t-il. Plus localisées, mais tout aussi redoutables : les excursions touristiques en petits bateaux. Également en cause, les navires d’exploration pétrolière, qui sondent les couches sédimentaires à coup d’ondes sismiques, ainsi que les sonars utilisés par certains bâtiments militaires. «Il est même arrivé que des sons d’origine humaine, notamment des sonars militaires, ont trompé certaines baleines ou dauphins, les faisant échouer», rappelle Stacy de Ruiter de l’institut français Ifremer.

Face à ce phénomène, l’Organisation maritime internationale, une agence de l’ONU, a proposé l’année dernière de réduire de moitié, d’ici 10 ans, la quantité de bruits introduits par la navigation. Pour cela, les chercheurs suggèrent entre autres de remplacer les vieux «rafiots» par des navires modernes plus silencieux, ce qui permettrait, en plus, de réduire les émissions de GES. (Lire l’article ici)

Computer classes - World Bank Photo Collection

Computer classes - World Bank Photo Collection

Internet : la Banque mondiale investit en Afrique

La Banque mondiale a annoncé début octobre qu’elle allait investir 215 millions de dollars dans le projet Internet en Afrique, avec une première phase d’investissement de 26,2 millions de dollars qui concernera en premier lieu le Cameroun, le Tchad et la République Centre Africaine. Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale, la République Démocratique du Congo, le Gabon, le Niger, le Nigéria, Sao Tome and Principe ainsi que le Soudan pourront également participer à ce programme. Ce programme prévoit, pour la première fois dans cette région du monde, un accès au réseau Internet fiable, à haut débit et peu onéreux. Prévu sur 10 ans, il sera mis en place par le Groupe de la Banque Mondiale, en association avec la Banque Africaine de Développement.

Bien que l’Afrique représente le plus rapide taux de croissance du marché des télécommunications dans le monde, le développement du haut débit sur ce continent a été paralysé par le prix élevé de la bande passante internationale et la faiblesse des infrastructures nationales. Cela a empêché son développement et découragé les investisseurs. «Au final, notre but est de développer un réseau régional et national à haut débit et de réduire de manière significative le coût des services des TCI en Afrique centrale», a indiqué dans un rapport Mohsen Khalil, directeur de l’information et des technologies de communication globale au sein du Groupe de la Banque Mondiale. Il y a actuellement dix câbles sous-marins en construction ou en prévision en Afrique, qui pourraient faire baisser les prix internationaux de la bande passante et accroître ainsi le nombre d’utilisateurs du haut débit.

La société AfricaNext prévoit que le marché du haut débit va plus que quadrupler en cinq ans, passant de 2,7 millions en 2007 à 12,7 millions d’utilisateurs, et cette croissance sera facilitée par la pose de nouveaux câbles sous-marins, la mise en place de réseaux nationaux et l’apparition de la technologie sans fil telle qu’EVDO et WiMax. Les opérateurs de téléphonie fixe voient déjà beaucoup de leurs clients partir sur les réseaux mobiles à cause des prix qui sont inférieurs et pensent que cela va créer un véritable explosion des téléphones portables sur le continent. (Lire l’article ici)

Biodiversity - Photo : Dom Dada

Biodiversity - Photo : Dom Dada

Un GIEC de la biodiversité devrait voir le jour en 2010

La secrétaire d’État à l’écologie, Chantal Jouanno, a estimé que la création de l’Ipbes (Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), sorte de «Giec de la biodiversité», devrait être effective en 2010. Cette idée avait été approuvée en 2008 lors d’une réunion des Nations Unies, mais de nombreux blocages sont apparus depuis, certains pays du Sud craignant une ingérence des pays du Nord dans la gestion de leur patrimoine naturel.

Les négociations internationales sur le climat s’appuient sur le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 2007 avec l’ancien vice-président Al Gore. Mais il n’existe à ce jour aucun mécanisme similaire pour dégager un consensus sur l’érosion de la biodiversité, «tissu vivant de la planète» et enjeu crucial sur des problématiques telles que l’alimentation, la santé ou encore l’approvisionnement en eau potable. Pour de nombreux experts, c’est l’une des raisons pour lesquelles la perte de la biodiversité peine à susciter une mobilisation similaire à celle qui entoure la question du réchauffement climatique. «Le problème central est qu’on a pas encore clairement expliqué à la société quel était l’impact pour elle de la disparition de la biodiversité – son impact économique, son impact sur l’alimentation – donc il y a une moindre mobilisation autour de cette question», estime Mme Jouanno. (Lire l’article ici)


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1 commentaire

Autre péril : l’érosion de la biodiversité

Ceci est une invitation à visiter nos sites présentés sur le portail
http://www.objectif-biodiversite.org

Cordialement

Nelly

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