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Des communautés virtuelles aux engagements réels

On oppose encore de nos jours le monde réel et le monde virtuel. Pourtant, un réseau comme le nôtre sait d’expérience qu’il en va tout autrement. Ces dernières années, nous avons pu voir, par exemple, à travers le mouvement d’opposition à la guerre en Irak à quel point les réseaux informels forment un tissu vivant.

En France, la question de l’influence des blogs est posée avec la campagne présidentielle. Il apparaît que le Web dans son ensemble aujourd’hui contribue à la formation de nos opinions et de nouveaux mouvements ou courants de pensées. Au-delà de la politique politicienne liée aux échéances électorales, la question de l’engagement indépendant nous paraît plus pertinente – un engagement personnel qui ne cherche pas à s’officialiser ou à se formaliser dans une organisation de type traditionnel et qui va s’exprimer sous de formes diverses dont Internet. Évidemment, ce type d’approche trouve un écho tout particulier chez Les Humains Associés, car notre mouvement, créé il y a plus de vingt ans, fonctionne depuis ses origines comme un « réseau social » ou une « communauté » (puis du Web à Second Life). Cette force indépendante et libre des réseaux et communautés virtuelles prend forme sous nos yeux aujourd’hui. Une intéressante étude américaine en mesure les premiers effets.

Une étude du Center for Digital Future de l’USC Annenberg School (Californie), dont le but est de mesurer l’impact de l’Internet sur la société américaine, met en lumière les nouvelles pratiques sociales et citoyennes qui émergent grâce à ce média.

L’étude du Digital Future Project est réalisée tous les ans auprès d’un panel de 2000 personnes représentatives des Américains de plus de 12 ans, suivis depuis six ans, qu’ils soient Internautes ou non, et interrogés sur leurs opinions et usages d’Internet.

Le 6e rapport est paru en novembre 2006 et montre en particulier le rôle grandissant du web comme catalyseur d’engagements personnels, à travers les instruments tels que les blogs, les sites perso et les communautés en ligne.

Pour Jeffrey Cole, directeur du Center of Digital Future de l’USC Annenberg School, les résultats soulignent de façon éclatante l’importance croissante du web dans l’évolution de la société :

« Plus d’une décennie après que les portails de l’Internet se soient ouverts au grand public, nous sommes maintenant témoins de l’émergence réelle de l’Internet comme un phénomène individuel et social puissant, tels que nous l’avions prédit », dit-il dans une déclaration.

« L’internet a été une source de divertissement, d’information et de communication depuis qu’il a été rendu accessible au public américain en 1994. Néanmoins, nous sommes en train de mesurer une réelle croissance et de découvrir de nouvelles directions pour le Web comme un outil global que les Américains utilisent pour interagir avec le monde. »

Il est intéressant de noter que dans l’étude 2006 – malgré une forte actualité électorale aux États-Unis-, les personnes interrogées relativisent la portée d’Internet en termes politiques – elles ne sont plus qu’un petit tiers à penser qu’Internet leur donnera davantage de pouvoir (vs 40% en 2005). En revanche, au-delà de cet aspect, l’ensemble de l’étude montre des changements qui se situent en profondeur, modifiant les rapports sociaux eux-mêmes : renforcément du tissu social, nouvelles actions et nouveaux engagements déclenchés par Internet.

Quelques résultats marquants de l’étude

Internet renforce les liens amicaux et familiaux et crée de nouveaux liens sociaux. Les liens créés en ligne prennent autant d’importance que les liens créés dans le monde off-line.
• 40% des personnes interrogées affirment que le web les aide à rester en contact avec leurs famille et amis. Contrairement aux idées reçues, le temps qu’elles passent en face à face avec les proches n’est pas en diminution.
• Les Internautes interrogés font connaissance d’une moyenne de 4,65 amis en ligne. Ils rencontrent une moyenne de 1.6 personnes dans la vie réelle après avoir fait connaissance en ligne. Et pour 43% des interviewés, le nombre de personnes avec qui ils sont en contact régulier est en augmentation.
• Pour 43% des Internautes qui font partie de communautés en ligne*, celles-ci ont autant d’importance à leurs yeux que leurs équivalents off-line.
• Une majorité de ces Internautes faisant partie d’une communauté en ligne se connecte au moins une fois par jour pour interagir avec les membres et amis.

* La communauté en ligne se définit dans cette étude comme un groupe qui partage des opinions et idées ou travaille sur des projets communs au moyen de la seule communication en ligne.

Les communautés en ligne comme catalyseurs d’actions dans le monde réel
• L’étude révèle que l’implication dans des activités à travers des communautés en ligne mène à des actions dans le monde off-line. Un cinquième des personnes participant à des communautés s’engage au moins une fois dans l’année dans des actions réelles liées à celles de sa communauté en ligne.
• La participation à des communautés en ligne conduit à un nouvel engagement social. Près de deux tiers des personnes qui contribuent à des causes sociales en ligne disent que ces causes leur étaient étrangères avant d’avoir débuté sur Internet.
• Plus de 40% (43,7%) des membres de communautés en ligne déclarent s’engager davantage dans des actions sociales depuis qu’ils participent à ces communautés.

Pouvoir politique et influence : des chiffres en baisse malgré… ou à cause d’une année électorale en 2006
• 59% des personnes pensent qu’Internet est devenu important pour les campagnes politiques (vs 64% en 2005).
• 18,9% des personnes pensent qu’Internet leur donne une voix dans l’action du gouvernement (vs 20,7% en 2005, chiffre le plus bas depuis 5 ans).
• 31% des personnes pensent qu’Internet donnera plus de pouvoir politique au peuple (vs 39,8% en 2005).
• Internet reste un moyen important d’information et de compréhension : 59% des personnes pensent qu’utiliser Internet aide à comprendre la politique (stable par rapport à l’année précédente).

Sources et liens :

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4 commentaires

Des communautés virtuelles aux engagements réels…

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On oppose encore de nos jours le monde réel et le monde virtuel. Pourtant, un réseau comme le nôtre sait d’expérience qu’il en va tout autrement. Ces dernières années, nous avons pu voir, par exemple, à travers le mouvement d’opposition à la guerre en …

Comme toujours, une innovation ne se regardant jamais dans un seul sens, ce n’est ni tout noir, ni tout blanc.
Ces nouveaux modes de mise en relation sont très efficaces mais aussi problématiques sur d’autres points.
Je sais ce qu’il en est, la mobilisation lycéenne de 2005, dont j’étais partie prenante, s’est construite là dessus.
Seulement il faut savoir y voir ses mauvais aspects autant que ses bons aspects. 😉
J’ai écrit quelque chose là dessus et je me suis permis de mettre un lien vers ton article.

Voilà le lien vers le mien si tu veux : http://utopicreality.over-blog.com/article-5887981.html

A plus.
A.

[…] Natacha Quester-Séméon cite les chiffres d’une étude qui parle de l’implication des communautés virtuelles dans le monde réel. Selon cette étude du programme « Digital Future Project » du Centre Annenberg de l’Université de Californie du Sud, 43% des Américains appartenant à des communautés en ligne, se sentent aussi attachés à leur monde virtuel qu’à leur monde réel. Selon Natacha, on peut donc de moins en moins parler d’une séparation entre sa pratique associative, engagée ou militante en ligne et la vraie vie. […]

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