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Appeler les choses par leur nom

Toute guerre est une désolation, car elle nous révèle notre incapacité à nous accepter, à nous reconnaître, à fraterniser ! Dans l’état actuel du monde, la vie humaine ne vaut pas grand chose, au point que nous acceptons comme des « actes héroïques » l’utilisation des hommes tantôt comme boucliers humains, tantôt comme « bombes humaines ». En France, notamment, nous sommes en train d’inverser nos valeurs et de défendre ceux que les refusent. Dans une situation de guerre, tout le monde a tort, car justement la guerre est la négation de notre humanité !
Néanmoins, à monde imparfait, solution imparfaite ! Et c’est donc avec une audace à la fois politiquement incorrecte et consciemment inévitable que je vais me hasarder à la conclusion suivante :

Une grande majorité de nos concitoyens semble à court de vocabulaire et épuise volontiers tout le lexique de l’inhumanité pour qualifier l’armée israélienne face au Hamas et au Hezbollah, qui n’hésitent pas à exposer au feu des armes des femmes et des enfants, qui érigent des meurtriers suicidaires au rang de martyrs, de héros, et qui font l’apologie de la sharia, voire de l’islamisme fanatique – avec tout ce que cela comporte de restrictions de libertés et de négation de l’individu non religieux !
Je constate que l’armée israélienne, considérée comme composée de « terroristes, inhumains, assassins d’enfants, et assoiffés de sang », tente de prévenir les populations avant d’attaquer, tandis que la stratégie opposée est celle de l’attaque surprise kamikaze, avec pour seul but de terroriser la population (y compris ailleurs dans le monde), faisant un maximum de morts !
Je constate que certains sont en train de défendre l’indéfendable au nom des valeurs humanistes (mais d’un humanisme étrangement préférentiel !), oubliant ou feignant d’ignorer que ceux qu’ils défendent ainsi n’ont pas pour but l’instauration de ces mêmes valeurs !
Oui, les guerres sont un aveu d’impuissance, et faire la guerre signifie tout simplement que nous avons tous déjà perdu de vue l’essentiel ! Mais si en plus nous sombrons dans la confusion au point de ne plus reconnaître, et donc de ne plus défendre, nos propres valeurs, alors véritablement nous avons déjà tout perdu !!!

Humainement,
tatihannah

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11 commentaires

Je suis tout à fait d’accord !
Dans un monde comme le nôtre il est de plus en plus difficile d’être nuancé, d’être d’un avis différent, pour ceci ou contre cela, sans que cela tourne rapidement au pugilat. La nuance, la précision de langage, bref le verbe est apparemment l’ennemi de l’extrémisme sous toutes ses formes.
Alors merci d’avoir appelé les choses par leur nom. 🙂

Je ne suis pas d’accord pour donner quitus à l’une où l’autre partie sur des informations issues des médias qui sont de plus en plus, au fil des ans, tronqués et manipulés par des spécialistes de la langue de bois.

Je constate qu’une des nouveautés des guerres modernes est leur caractère « médiatique ». Les média font desormais parti intégrante de l’arsenal des forces armées.

Les jugements moraux que je me permets de porter sur l’une ou l’autre des parties sont basés sur le postulat de base qu’un dirigeant ne doit pas préférer le conflit armé au réglement diplomatique.

Pas sur la manière dont un combattant agit sur le terrain d’un conflit armé, car il est alors en situation critique quelque soit son camp.

Comment juger moral le fait de prévenir les populations d’un bombardement imminent si la cible de ce bombardement est manifestement d’ordre civil et que de toute façon, bon nombre des « prévenus » n’ont pas les moyens matériels de quitter la zone ?

Il me paraît difficile de juger cette information donnée aux populations comme morale.

« Partez sinon on vous tue »

Quand aucune réplique à cette assertion n’est permise… on ne peut pas parler d’humanité dans cet avertissement.

Cet avertissement n’a qu’un intérêt « médiatique » pas « humaniste »
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à Tatiana :

« […]des meurtriers suicidaires[…] »
Le suicide est il une circonstance du meutre, atténuante, agravante ou neutre ? Pour moi, c’est « neutre » mais cela doit être un élément de réflection fondamental quand aux motivations du meurtrier.

« […] oubliant ou feignant d’ignorer que ceux qu’ils défendent ainsi n’ont pas pour but l’instauration de ces mêmes valeurs ! »
Est ce que « critiquer l’un » est forcément « défendre l’autre » ?

« […]avec pour seul but de terroriser la population (y compris ailleurs dans le monde), faisant un maximum de morts ! »
Encore une fois la situation du combattant peut difficilement être jugée « morale » ou « immorale ». Quand les morts civils se compte par centaines dans un camp… et par dizaine dans l’autre… ou est le « maximum » ? Il est dans la volonté que VOUS pensez être celle du hezbollah. En attendant de montrer que cette volonté est bien réelle, le « maximum » de morts civils reste l’oeuvre de Tsahal.
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Que penser de l’armée Israëlienne, dument prévenue, qui continue de bombarder pendant des heures un site occupé par des casques bleus ?
Quelle « volonté » de mort se cache derrière ce que Tsahal, présente comme une « erreur » ?

Ne vous laissez pas entrainé, ni par mes mots ni par ceux de Tsahal, ni par ceux du Hezbollah…
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Il me semble à moi que, sans prendre les mots des uns ou des autres, la réaction d’Israël est disproportionnée par rapport au préjudice subit au départ.

Il me semble que la réaction d’Israël est à mettre sur le compte de la notion récente et parfaitement discutable de « guerre préventive ».

Qu’est ce qu’une guerre préventive si l’on ne montre pas que les moyens diplomatiques ont tous étés mis en oeuvres au préalable et sans résultats ?

Tout simplement une guerre d’agression ! Fondée sur une supériorité militaire qui semble donner à Israël un droit d’ingérence au Liban.

L’islamisme radical et fanatique ,EST un totalitarisme. Pourquoi tant de relativisme pour se dédouaner de dire la réalité telle que nous la voyons s’imposer à coup d’attentats, d’égorgements, d’écoles coraniques, de femmes voilées et martyrisées, de foules fanatisées hurlant contre la démocratie et la laïcité?L’islam fondamentaliste nie la liberté, détruit la fraternité en voulant imposer la charia au monde entier!

Et en attendant, la lutte contre le Hezbollah n’a pas de solution « politiquement correcte ».

Peut-on vraiment apaiser une organisation religieuse féroce, qui s’appuie sur une idéologie parfaitement irrationnelle, par la modération, la diplomatie ?

Mais peut-on utiliser tous moyens pour défendre nos valeurs?

Oui, tatihannah, le moment est trop important pour que l’on puisse se dispenser d’appeler les choses par leur nom. Cela implique bien sûr de les percevoir avec justesse, de reconnaître leur visage, dans sa vérité sans fard. Mais en des temps aussi brûlants, ne suffit-il pas finalement de les regarder en face, libre de préjugés ? Si les moyens paraissent obscurs, qu’on porte alors le regard sur le but, et qu’on se demande simplement : qui, dans cette guerre, défend le mieux les valeurs qui sont miennes, et qui les combat au contraire vigoureusement ?

Les courants de la liberté, du respect et de l’humanité prennent des noms variables au cour de l’Histoire. Aujourd’hui, Israël défend au Proche-Orient une certaine idée de la communauté humaine qui s’est alimentée à d’intenses courants d’évolution et de progrès depuis des siècles, voire des millénaires. C’est cela qu’il faut nommer… et secourir ! Pas parce que c’est Israël, ou les États-Unis, ou une partie de l' »Occident », mais parce que ce sont ces valeurs-là !

Toutes les guerres sont sales, horribles. Certaines le plus que d’autres, mais surtout certaines sont plus vaines et plus inutiles que d’autres. Celle-ci, si elle est en effet d’abord un échec pour nous tous, porte au moins en elle des enjeux dignes d’un engagement résolu. Que cet engagement puisse retrouver, le plus vite possible, le cadre du combat d’idées, de la libre proposition, du choix individuel et collectif, c’est tout ce que nous pouvons souhaiter.

Le plus vite possible, mais pas avant…

Lu sur le blog de Jacques Attali :

Il est urgent aujourd’hui de mettre les pays musulmans et en particulier les pays arabes devant leur responsabilité : Sont-ils partisans d’un islam démocratique ou d’un islam totalitaire ? Acceptent-ils la séparation des pouvoirs religieux et laïcs ? Sont ils prets à mettre fin à la présence sur leur sol de milices terroristes ? Les deux tiers des pays du monde ont aujourd’hui des élections libres. Seulement un quart des pays musulmans et très peu de pays arabes.

[…]

L’occident doit aider à la naissance d’un Etat palestinien politiquement démocratique, géographiquement juste et économiquement viable ; et à la reconnaissance de la dignité arabe, et à sa place dans les instances internationales. Le monde arabe doit faire naitre chez lui la démocratie. Si tout cela n’est pas fait, les fusées du Hezbollah qui visent aujourd’hui Tel-Aviv seront un jour prochain pointées sur le Caire, Riyad, Alger, Tunis, Casablanca, Istanbul puis Rome, Madrid, Londres et Paris. L’heure de vérité approche. Il faut choisir son camp.

http://www.attaliblog.com/index.php/2006/07/29/29-35-62-06

Merci pour ce message salutaire ! Il se base sur des éléments qui me semblent très peu discutables. Tout le monde sait que le Hezbollah est soutenu par la Syrie, financé et armé par l’Iran, pays qui est à l’aube d’avoir la bombe atomique et dont le dirigeant veut l’extermination totale d’Israël, seule démocratie de la région. Voilà des faits. Après de tels constats, peut-on encore douter que nous sommes à l’aube d’une guerre de culture, voire de civilisation, où Israël est malheureusement en première ligne et se charge du « sale boulot » : empêcher au premier degré que les extrémistes islamiques de la région imposent au monde à coup de roquettes (ou pire), leur mode de vie et de pensée.

De mon point de vue, c’est la violence de la condamnation qui me semble démesurée. Par quelle inversion absurde des valeurs, les agresseurs ont-ils été transformés en victimes (c’est sans doute ce qu’ils cherchaient) ? Par quelle « faiblesse mentale » pouvons-nous accuser le pompier au plus près du feu d’être le pyromane. Je ne veux pas idéaliser qui que ce soit, mais au moment des enlèvements, Israël s’apprêtait en accord avec l’autorité palestinienne à libérer 6 000 prisonniers et à mettre au point d’autres retraits des territoires. Qui donc marche sur la tête ? À ce stade inextricable, je ne sais pas ce qui est moral ou pas, mais les frappes aériennes de l’OTAN pendant la guerre au Kosovo en 1999 ont tué dix mille civils. Je ne me rappelle pas avoir lu dans la presse ou entendu dans l’opinion à ce sujet, les qualificatifs avec lesquels on attaque Israël aujourd’hui. Hier, c’était pour la bonne cause selon quels critères ?

La guerre est sans nul doute le dernier refuge de l’incompétence, mais il faut aussi se demander comment on en est arrivé là, qu’est-ce qu’on ne veut pas voir, qu’elles sont nos responsabilités et aussi nos lâchetés…

Tatihannah,

Les valeurs et objectifs des uns et des autres seraient-ils ce que vous prétendez (et c’est peut-être le cas), cette guerre ne serait pour autant justifiée en rien, et ne réglera aucun problème. Elle va les aggraver, bien au contraire.

Le Hezbollah serait-il ce que vous prétendez (et vous avez peut-être raison), il ne sera pas pour autant éradiqué par la mort de ces centaines d’hommes, de femmes et d’enfants.

Seul le dernier recours et les valeurs auxquelles il se réfère peuvent justifier de tels actes. Il ne s’agit pas que l’autre soit des plus mauvais pour le supprimer. Encore faut-il que sa suppression soit garante de la suppresion du mal débordant qu’il porte en lui et contre les autres.

Il ne suffit pas que l’autre se targue de mes valeurs pour que je me range dans le camp de tous ses actes.

Même s’ils étaient vraiment commis au nom de la liberté, de sa sauvegarde ou de son établissement, ces bombardements meurtiers d’enfants « prévenus » (!) n’auront aucune efficacité. Ils peuvent tout au plus être assumés ou tolérés au nom du sentiment de vengeance… Un sentiment qui n’a pas grand chose à voir avec l’humanisme, me semble-t-il.

Thierry

La guerre c’est sâle, c’est meurtrier, c’est horrible ! Mais est-ce que l’on peut toujours l’éviter ? Je suis attristée par les victimes des deux côtés, j’ai le sentiment que ce n’est pas le cas de tout le monde, certains laissent entendre par ci par là que certains autres pourraient ne pas être touché par la mort des victimes civils et des enfants, je trouve ces sous-entendus affreux.

Nous sommes face à la barbarie aussi bien celle des fanatiques religieux que celle des fanatiques politiques. Croire qu’un dialogue serein ou que le relativisme tolérant de l’Occident suffirait à juguler le mal est vain, ainsi que croire qu’user de violence et de force ne fait qu’étendre, au sein de la démocratie, le règne de la barbarie en lui donnant l’aura du martyr… N’y a-t-il donc rien à faire ? Je pense que nous pouvons prendre en considération la proposition de Tatihannah et de Jacques Attali comme point de départ d’une réflexion d’action, il faut le courage de le faire, de le dire, de l’assumer, car cela est à contre-courant et la pression est énorme (c’est difficile d’autant que j’ai été opposée à plusieurs moments à la politique du gouvernement israélien et que là, on me range du côté des pro-Israël, que j’ai été aussi farouchement opposée aussi à la guerre en Irak). Les Américains n’ont pas forcément toujours torts et les Israéliens non plus et dans ce cas me trouver du côté de Bush n’est pas facile pour moi. Mais n’oublions pas les leçons du passé et l’Histoire (Munich), Attali nous y invite.

Puisque dans un monde imparfait, les solutions ne peuvent être aussi qu’imparfaites et arbitraires… Il faut « accepter que l’heure de vérité approche. Il donc choisir son camp » (arbitrairement forcément) ou alors collaborer !!!!!! C’est dur, mais je pense que la réalité à laquelle nous faisons face, je préfère défendre certaines valeurs que ma propre image et mon confort intellectuel ou politique, la gravité de la situation doit nous appeler à aller au-delà, il s’agit véritablement d’une question de conscience.

(je note que presque plus personne ne semble s’horrifier du bilan de la guerre en Irak et de la violence quotidienne qui fait plusieurs dizaines de victimes tous les jours).

Aujourd’hui, une résolution de l’ONU a été acceptée par les deux parties, j’espere de tout coeur qu’une issue va enfin emerger.
Je viens de lire vos sentiments sur ce qui se passe au Liban et je me pose aussi des questions. Par exemple sur une certaine forme de pensée qui se met toujours du côté de l’opprimé, pensant de ce fait avoir raison.
J’ai pourtant le sentiment que les choses ne sont pas satiques et que l’opprimé n’est pas forcément celui qui semble l’être.
Prenons deux pays, A et B et et regardons les elements déclencheurs :
un groupe du pays A enleve des soldats d’un pays frontalier, le pays B, le pays B riposte.
En quoi le pays B est-il de fait l’oppresseur? N’est-ce pas A qui est responsable du declanchement de ce conflit?
Je sais que ma question est simpliste, que la situation est complexe, mais je suis vraiment interloquée par la façon dont la situation a été inversée en ce mois d’aout. Et je constate qu’il y a peu de gens pour reflechir à tout ce qui se trame derriere ce conflit, aux enjeux de la démocratie, de la liberté d’expression…
Je ne comprends rien au déroulement de cette guerre, je deplore chaque mort d’innocents, et je me dis que la stratégie Libanaise (Syrie et Iran associés) est redoutable pour qu’Israel, l’armée la plus pointue de la région se soit embourbée ainsi.
Mais mon camp est celui de la démocratie et de la liberté, et aujourd’hui dans cette region c’est Israel qui pour moi est le garant de ces valeurs fondamentales.
Je viens de lire la Lettre ouverte de François Léotard à Mahmoud Ahmadinedjad sur le forum des Humains, merci à François Leotard pour cette lettre courageuse, et aux Humains de nous rappeler encore et encore notre humanité commune et la recherche de dignité.
http://www.humains-associes.org/forums/ikonboard.cgi?s=a372514fdccefe854f4b4fd653f51ef3;act=ST;f=21;t=1060;st=0;&#entry8969

100% d’accord. Je propose à tous les donneurs de lecon d’aller habiter 1 mois dans le nord d’Israel, ou près de la bande de gaza…
Une seule fois Israel à laissé la sécurité de ses ressortissants aux mains d’autrui, c’était aux JO de Munich. Résultat: tous tués, et les terroristes en vadrouille. 1x, mais pas 2.

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