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De la Tranparence à l’Opacité, par Tatiana F.

Plus que nulle autre la chair verbale est à la recherche de la transparence, car la nature des mot-dits est d’être opaque.

Si les mots étaient aussi clairs que le sentiment perçu, tout langage serait poésie.

Que de fois, pour ne pas dire chaque fois, les mots ne se souviennent pas de la transparence. Opaques ils sont, flous, dans le meilleur des cas, ils restent. La chair verbale, donc, comme toute chair, est vouée à l’enveloppement, étoffe de l’esprit, comme si celui-ci avait aussi besoin de se cacher là même où il se manifeste.

Le parler vrai est une incessante queste jamais tout à fait aboutie. Écrire devient cri, impuissant à dire le sentiment. Même la parole poétique reste interdite face à elle-même. Elle se constate à la fois si loin et si près du sentiment perçu, vécu, qu’elle ne rêve en réalité que du silence. Mais il nous faut communiquer, échanger, dire pour être, dire pour se sentir exister…

Tout ce que je dis, écris, n’est pas vrai. Je le sais, et pourtant… Je ne puis me taire, ou bien je ne puis me résoudre à me taire. Tout ce que je dis ou puis dire a déjà été dit. Rien de nouveau, rien… Cela n’empêche, je suis toujours dans l’espérance de la transparence, dans le fol désir d’être juste de voix et d’écriture…

Tout a déjà été dit et écrit. Que dis-je ? Il se peut que rien n’ait encore été dit ni écrit, sinon d’où viendrait cette insatisfaction profonde et triste, cette incompréhension de la chair verbale, de toute chair qui m’enveloppe ?

Il se peut que rien n’ait encore été dit ni écrit, sinon d’où viendrait cette négation de l’autre, ces affrontements et ces morts : Au Nom de D.ieu ?

Tatiana F.

« Elle ne hurle, ni ne murmure : elle se tait ».
Nietzsche

paru dans La Revue Intemporelle des Humains Associés « Des idées et des âmes » (huitième numéro), actualisation de l’auteur, février 2006.

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2 commentaires

tout ce qui passe est tres triste tres regretable ds tous les sens du terme chacun se vautrant ds son identité, chacun ds son discour croyant detenir la verité, moi je jette l’eponge et je laisse les mots être ce qu ils veulent ou ce que les locuteurs veulent qu ils soient
salut à tous

Salut en humanité,

Désolée, mais je ne comprends pas votre propos : est-ce un constat de faits, un raproche à ce que je dis plus haut dans ce billet, un maux-dit aux humains associés… un é-crit?

Si vous trouvez que chacun se campe dans ses certitudes et que vous, vous percevez la bonne attitude à tenir face à ces malheureux événements, pourquoi alors jeter l’éponge.
Ne serait-il pas plus humain, plus généreux et plus sage de partager avec nous votre compréhension ?
À moins que…

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