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[video] Asteroid Discovery From 1980 - 2010 #earth

via youtube.com et @parizot

View of the solar system showing the locations of all the asteroids starting in 1980, as asteroids are discovered they are added to the map and highlighted white so you can pick out the new ones. The final colour of an asteroids indicates how closely it comes to the inner solar system. Earth Crossers are Red Earth Approachers (Perihelion less than 1.3AU) are Yellow All Others are Green Notice now the pattern of discovery follows the Earth around its orbit, most discoveries are made in the region directly opposite the Sun. You’ll also notice some clusters of discoveries on the line between Earth and Jupiter, these are the result of surveys looking for Jovian moons. Similar clusters of discoveries can be tied to the other outer planets, but those are not visible in this video. As the video moves into the mid 1990’s we see much higher discovery rates as automated sky scanning systems come online. Most of the surveys are imaging the sky directly opposite the sun and you’ll see a region of high discovery rates aligned in this manner. At the beginning of 2010 a new discovery pattern becomes evident, with discovery zones in a line perpendicular to the Sun-Earth vector. These new observations are the result of the WISE (Widefield Infrared Survey Explorer) which is a space mission that’s tasked with imaging the entire sky in infrared wavelengths. Currently we have observed over half a million minor planets, and the discovery rates snow no sign that we’re running out of undiscovered objects. Orbital elements were taken from the ‘astorb.dat’ data created by Ted Bowell and associates at http://www.naic.edu/~nolan/astorb.html Music is ‘Transgenic’ by Trifonic: http://www.amazon.com/Emergence-Trifo... Check out todays asteroid map at http://szyzyg.arm.ac.uk/~spm/neo_map…. Quite a few journalists, bloggers and tweeters are attributing this to NASA or Arecibo Observatory - while they do fine work they had nothing to do with this. If you write a story you can credit it to Scott Manley.

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Réchauffement à 4 C°, record historique de chaleur, ONU-Femmes, nappes de plastique et extinction des fleurs

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée à l’augmentation de la température mondiale au-dessus de 4 C° si l’on maintient les objectifs d’émissions actuels, aux records de chaleur de 2010 depuis le début de la mesure en 1880, à la création d’ONU-Femmes pour accélérer la lutte contre les inégalités, à la découverte de débris de plastique dans les mers reculées de l’Antarctique et à la menace d’extinction de 25% des plantes à fleurs.

Kids to Save the World - Photo : John Corvera

Kids to Save the World - Photo : John Corvera

Les actuels objectifs de réduction des émissions mènent à une augmentation de la température mondiale de 4 C°

Selon une étude, le monde va vers une augmentation de la température moyenne de près de 4 C°, si l’on cumule les promesses actuelles de réductions des gaz à effet de serre des différents pays. A Copenhague, les chefs d’États de 192 pays avaient convenu que la hausse de la température ne doit pas dépasser 1.5 à 2 C°, par rapport à la température moyenne terrestre depuis la Révolution industrielle. Mais six mois plus tard, le Climate Interactive Scoreboard a réalisé une évaluation des promesses de réductions des émissions de plus de 60 pays, parmi lesquels les grands pays industrialisés, et indique que le monde chemine vers un doublement de l’augmentation annoncée en 2100. Une autre étude, par l’Institut du Climat à Potsdam en Allemagne, affirme qu’il n’y a pratiquement aucune chance que les pays parviennent à limiter leurs émissions pour atteindre l’objectif de moins de 2 C° et que l’augmentation sera plus probablement de 3,5 C° à la fin du siècle. Les deux études soulignent que les engagements actuels promettent une situation meilleure que le statut quo, qui lui aboutirait à une hausse des températures de 4,8 C°, mais qu’ils sont néanmoins largement au-dessus de l’objectif de 2 C°.

Selon les évaluations du GIEC, à 4 C°, la production mondiale de nourriture baissera, il y aura des extinctions d’espèces à grande échelle et la disparition quasi totale de la couverture glacière du Groenland, ce qui signifie une hausse du niveau de la mer de 2 à 7 m sur le long terme. Avec l’augmentation de la température, les inondations, érosions, canicules, sécheresses, pollutions de l’eau, ainsi que les problèmes de santé et de malnutrition vont également accroître.

La plupart des organismes internationaux, tels que le PNUD, ont estimé que l’on pouvait atteindre les objectifs de 2 C° avec les promesses de réductions actuelles, bien que l’issu dépendrait encore des mesures prises après 2020. Mais pour de nombreux chercheurs, les estimations à la hausse sont inquiétantes et ils considèrent que les réductions qui seront discutées à la conférence de Cancún fin 2010 ne sont pas assez ambitieuses et la période après 2020 insuffisamment préparée.

Pour de nombreux observateurs, ces prévisions sont particulièrement alarmantes, dans la mesure où l’objectif de 2 C° était établi sur la base de recherches indiquant que les risques de changements majeurs, critiques pour la survie humaine, ne seraient alors que « bas à moyens ». Depuis, une révision des recherches par l’Académie des Sciences américaine suggère que dès 2 C°, les risques sont importants dans tous les domaines, impliquant des événements climatiques extrêmes, une large distribution des menaces à travers le monde et la mise en péril de certains écosystèmes. (Lire l’article dans le Guardian ici, en anglais)

Lake Hume at 4%, Australia - Photo : Suburbanbloke

Lake Hume at 4%, Australia - Photo : Suburbanbloke

Les cinq premiers mois de 2010 fracassent les records de chaleur

Selon un rapport du Centre national des données climatiques américain, les cinq premiers mois de l’année 2010 ont été les plus chauds jamais enregistrés depuis le début du relevé des températures en 1880. La température combinée de la terre et des océans de janvier à mai a affiché 0,68 degré Celsius de plus que la moyenne du XXe siècle, précise l’institut météorologique. Les mois de mars, avril et mai en particulier ont enregistré des températures jamais atteintes auparavant, en moyenne supérieures de 0,73 degré Celsius au siècle précédent.

Le réchauffement était particulièrement sensible au Canada, dans le nord des États-Unis, dans le sud du Groenland, en Afrique du Nord, en Asie du Sud-Ouest, en Sibérie, dans le sud de l’Australie. En mai, la banquise de l’Arctique a fondu 50% plus vite qu’habituellement à cette époque. A l’inverse, des conditions météorologiques plus fraîches que la normale ont été observées dans le sud-est des États-Unis, en Asie centrale et en Europe de l’Ouest. L’Allemagne a ainsi connu son mois de mai le plus froid depuis 1991. Et la mer de glace de l’Antarctique était 7,3% plus étendue que la moyenne de 1979 à 2000. (Lire l’article sur Cyberpresse ici)

[Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=J-gqJAsXiKQ&feature=player_embedded]

Une nappe de débris plastiques bientôt en Antarctique ?

Les plus grandes parties des océans du monde restent inexplorées, mais plus on explore, plus on est forcé de constater que les déchets de notre société du jetable ne disparaissent pas, mais restent dans la mer pour de longues années. Les continents de plastique découverts récemment dans le Pacifique et l’Atlantique l’illustrent parfaitement.

Maintenant, des expéditions conduites à la fois par la British Antarctique Survey et Greenpeace ont révélées des pollutions par des débris de plastique dans des coins aussi reculés que les mers Davis et Durmont D’Urville en Antarctique et des emballages en plastique ont été trouvés dans la mer d’Amundsen. Seule bonne nouvelle, cette pollution reste pour l’instant en surface et n’a pas encore atteint les profondeurs des eaux de l’Antarctique. Mais pour les chercheurs, cela risque de ne pas durer. Dans un communiqué, ils écrivent : « Le fond marin entourant le continent Antarctique est probablement le dernier environnement de notre planète que ne soit pas atteint par le plastique. Mais des morceaux flottants sur la mer d’Amundsen annoncent que cela va changer. Notre connaissance couvre maintenant toutes les mers du globe, mais il en va de même de notre legs en terme de pollution. » (Lire l’article sur Discovery News ici, en anglais)

Woman with her child, India - Photo : © John Isaac / World Bank

Woman with her child, India - Photo : © John Isaac / World Bank

L’ONU-Femmes créée pour promouvoir l’autonomisation des femmes

L’Assemblée générale de l’ONU a voté début juillet à l’unanimité la création d’ « ONU Femmes », pour accélérer la réduction des inégalités de genre et développer l’aide en faveur des femmes et des jeunes filles. La nouvelle entité sera le résultat de la fusion entre plusieurs programmes et fonds déjà dédiés à l’égalité des genres et a vocation de les renforcer et non de les remplacer. « Je suis reconnaissant envers les États Membres pour avoir franchi cette étape pour les femmes et les jeunes filles du monde entier », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. « L’ONU Femmes va stimuler les efforts de l’ONU afin de promouvoir l’égalité de genre et éradiquer les discriminations dans le monde », a-t-il ajouté.

Des progrès ont été faits, avait indiqué Ban Ki-moon, notamment dans la scolarisation des jeunes filles ou dans l’implication des femmes dans la vie économique et commerciale. Mais les inégalités restent profondément ancrées dans chaque société. Les femmes sont encore sous-représentées dans les sphères de décision politique. La mortalité maternelle constitue une véritable honte. « L’ONU Femmes répondra à plusieurs défis et se concentrera sur deux rôles essentiels : d’abord, soutenir les institutions et structures intergouvernementales dans la formulation des politiques globales, des standards et des normes et deuxièmement, aider les États membres à mettre en œuvre ces standards en fournissant un soutien technique et financier aux pays qui en font la demande », a précisé la Vice Secrétaire générale de l’ONU, Asha-Rose Migiro. (Lire les articles sur PopulationData et Le Monde)

Mountain laurel (botanical illustrations) - Photo : uwdigitalcollections

Mountain laurel (botanical illustrations) - Photo : uwdigitalcollections

Plus de 25% des fleurs menacées d’extinction

Plus d’une plante florale sur quatre risque de disparaître, dont un grand nombre avant même d’être découvert, tel est le résultat d’une étude de la Royal Society anglaise. Ce constat est similaire à d’autres, établis sur d’autres espèces par l’IUCN (l’Union internationale pour la protection de la nature), qui estime qu’un cinquième des mammifères, un tiers des amphibiens et un huitième des oiseaux risquent l’extinction totale en raison de l’impact de l’activité humaine sur la nature.

L’étude visait d’abord à énumérer le nombre de plantes à fleurs : 352 000 sont connues des botanistes et ils estiment l’existence d’environ 35 à 70 000 fleurs supplémentaires. Ces espèces encore inconnues se concentrent fort probablement dans les « hauts lieux de la biodiversité », ces endroits menacés et peu étendus, mais qui comportent un nombre important d’espèces endémiques. Le rapport cherchait également à évaluer les menaces, qui vont de la perte de l’habitat en raison de l’agriculture intensive ou de l’urbanisation à des causes indirectes telles que la baisse du niveau d’eau ou la pollution.

Publiée en cette année internationale de la biodiversité, l’étude s’inscrit dans un contexte où l’on commence à reconnaître la valeur des services naturels rendus à l’homme par la nature, qui va de la protection face aux inondations et de la médecine jusqu’à son ressourcement spirituel. « Les plantes sont la base de toute vie sur Terre et pratiquement toutes les autres espèces en dépendent ; si vous les éliminez, vous éliminez tout le reste au-dessus », rappelle David Robert, un des co-auteurs de l’étude à l’Université de Kent. (Lire l’article du Guardian ici, en anglais)

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[video] Kevin Richardson (Lion Man), l’homme qui vit avec les Lions

Kevin Richardson est un dresseur sud-africain de 34 ans vivant à Johannesburg. Dans sa réserve, il élève 38 lions, sa passion est née, il y a onze ans. Il communique avec les lions grâce à ses études du comportement animal.

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GIEC, Délocalisation du CO2, recyclage polluant des DEEE, réalité augmentée et écologie, Exxon Valdez

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée à la délocalisation des émissions de CO2, au recyclage des déchets électroniques qui pollue la Chine et l’Inde, à la réalité augmentée et ses applications possibles pour l’environnement, aux décès suite à la marée noire de l’Exxon Valdez et les questions sanitaires dans le Golfe, ainsi qu’au prochain rapport du GIEC.

Powerplant in Linfen - Photo : Bert van Dijk

Powerplant in Linfen - Photo : Bert van Dijk

Les pays développés exportent leurs émissions de CO2

Selon une étude de deux chercheurs californiens, les pays développés exportent près de 25% de leurs émissions liées à des produits manufacturés, principalement vers la Chine. Les États-Unis sont le principal exportateur de CO2, suivis de l’Europe et du Japon.

Pour identifier qui émet indirectement le plus d’émissions, les chercheurs ont réattribué leurs émissions à chaque pays développé, en fonction de leur balance commerciale de biens manufacturés et de la provenance des flux. Ils cherchent ainsi à identifier des couples de pays pour les mettre devant leur responsabilité partagée. A eux deux, la Chine et les États-Unis totalisent près de 12 milliards de tonnes de CO2. En valeur absolue, cela représente un tiers des émissions mondiales. Mais en valeur relative, les Américains exportent peu : 10,8% de leurs émissions, soit 2,5 tonnes par an et par habitant. A l’inverse, des pays tels que la France ou le Royaume-Uni exportent près d’un tiers de leurs émissions de CO2 liées à des biens manufacturés. Ce chiffre monte jusqu’à 50% pour de petits pays tels que la Suisse ou le Luxembourg qui ne fabriquent rien.

En Asie (hors Japon), la majorité de l’électricité est produite à partir du charbon. Un kWh électrique contient là-bas près d’un kg de CO2 contre 550 grammes pour la moyenne des pays de l’OCDE (et moins de 100 grammes pour la France). Un appareil électronique importé d’Asie à bas prix équivaut donc à l’émission d’une plus grande quantité de CO2. Bien qu’elle ait lieu à l’autre bout de la terre, cette délocalisation des émissions de CO2 est préjudiciable pour le monde entier. (Lire l’article sur GreenIT.fr ici)

Guiyu e-waste - Photo : Bert van Dijk

Guiyu e-waste - Photo : Bert van Dijk

Le recyclage des déchets électriques et électroniques empoisonne la Chine et l’Inde

Les déchets électriques et électroniques en provenance du monde entier atterrissent en Chine, plus grand récupérateur de DEEE, et en Inde, où ils sont recyclés de façon artisanale par des travailleurs pauvres qui en extraient des métaux rares. Une étude réalisée par des scientifiques européens montre qu’au travers de ce marché informel et peu encadré, la pollution engendrée est telle qu’elle annule les bienfaits du recyclage. En effet, pour extraire du plastique, de l’or, les techniques utilisées dans ces petits ateliers sont rudimentaires : les matériaux sont chauffés à haute température pour récupérer l’or, pendant que les fumées libèrent des dioxines et du plomb. Les résidus polluent les sols et les rivières, l’eau n’est plus potable aux alentours. A Guiyu, ville chinoise emblématique de ce marché, la concentration de plomb dans l’air est de 3 à 4 fois plus importante qu’à Tokyo. 80 % des enfants qui vivent à Guiyu souffrent de maladies respiratoires. De plus, une fois que certains métaux ont été récupérés, les résidus de ces déchets repartent en Afrique pour un autre recyclage générant une pollution et des risques supplémentaires. (Lire l’article sur GreenIT.fr ici, voir la galerie de photos E-waste in China ici)

La réalité augmentée peut-elle sauver la planète ?

Sean White, un scientifique post-doctorant à l’université de Colombia a fait un exposé sur la façon dont la réalité augmentée peut être utilisée au service de l’environnement. Elle peut donner aux scientifiques des outils permettant de visualiser les données et dégager du sens d’une masse d’informations. White a illustré ses propos de trois exemples :

  • Identifier les espèces végétales : En utilisant une technologie de reconnaissance d’image, White et le Smithsonian Institute ont créé une application mobile qui peut identifier la feuille d’un végétal à partir d’images stockées dans une base de données. A partir de la photo de la feuille, l’application présentera une sélection réduite d’espèces correspondantes. Cela permet à des botanistes sur le terrain de gagner du temps. Actuellement, l’identification nécessite de parcourir des pages et des pages d’illustrations à la recherche d’une correspondance.
  • Visualiser le taux de CO2 dans un environnement urbain : Un autre dispositif expérimenté à New York a consisté en une mesure du taux de CO2, couplé à un GPS particulièrement précis et un altimètre. Des cartes détaillées de la pollution liée au CO2 ont ainsi été établies pour un quartier pilote. Visualisées dans un environnement en 3D et superposées dans une vue en réalité augmentée, la troisième dimension a permis une analyse des données bien plus riche que la 2D. Pour exemple, on a pu comprendre que la zone où le CO2 était anormalement élevé se situait à l’angle d’une rue où des camions attendaient en file pour faire des livraisons. La simple carte 2D n’aurait permis cette compréhension approfondie.
  • Trouver un emplacement idéal pour une éolienne : En utilisant une technologie analysant les variations de la lumière (Light Detection and Ranging), les scientifiques peuvent pointer des instruments vers le ciel et observer les courants d’air locaux en déterminant la direction et la vitesse du vent. Ils peuvent ensuite utiliser la réalité augmentée sur le terrain afin de déterminer les emplacements idéaux pour de futures éoliennes. Jusqu’à maintenant, d’énormes tours de mesure, très coûteuses, ont été érigées pour mesurer ce type de données.

D’autres applications peuvent être imaginées pour sensibiliser le grand public à la réalité du réchauffement climatique : telle que la visite d’un glacier et la visualisation, en réalité augmentée, de ce à quoi ressemblait le paysage quelques décennies plus tôt afin de prendre conscience, sur le terrain, du changement.

 (Lire l’article sur ReadWriteWeb ici)

Presque toute l’équipe qui a nettoyé la marée noire de l’Exxon Valdez est décédée

Face au manque de transparence de BP sur la composition des dispersants utilisés dans le Golfe du Mexique, ce journal de CNN tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que l’espérance de vie des personnes ayant participé au nettoyage après la marée noire en Alaska ne dépassait pas 51 ans et que presque tous sont décédés depuis. Les autorités locales n’ont pas d’informations sur les produits auxquels les travailleurs dans le Golfe étaient confrontés et seuls les médecins de BP ont le droit de les traiter. La question est posée si l’administration américaine garantit une protection suffisante des citoyens. (Voir la vidéo sur YouTube)

Closing in (Arctic Ocean) - Photo : US Geological Survey

Closing in (Arctic Ocean) - Photo : US Geological Survey

Changement climatique : Le GIEC prépare son cinquième rapport

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a révélé la liste des 831 scientifiques chargés de rédiger le cinquième rapport sur le réchauffement de la planète qui sera publié entre 2013 et 2014. Selon ses déclarations, il s’agit d’une liste d’auteurs plus variés. Un  tiers des scientifiques proviennent de pays en voie de développement, un quart sont des femmes et plus de 60% travailleront pour le groupe pour la première fois. Leurs domaines vont de la météorologie à la physique, en passant par l’océanographie, la statistique, l’ingénierie et l’économie. Le nouveau document sera divisé en trois sections, avec des observations climatiques, l’impact du réchauffement et des stratégies pour y répondre.

Prix Nobel de la paix en 2007, le GIEC cherche à restaurer sa crédibilité auprès de l’opinion. Il a été mis en cause après plusieurs « affaires », montée en épingle par les « climato-sceptiques », et qui ont jeté le trouble dans l’opinion publique fin 2009 et début 2010. L’organisme avait d’abord été mis sur la sellette après le piratage d’e-mails et dossiers confidentiels de certains de ses scientifiques, stockés dans les ordinateurs d’une université britannique. Il avait été ensuite vivement critiqué pour des « erreurs », qui s’avèrent minimes, dans ses précédents rapports.

Mais la mission du GIEC reste inchangée : apporter aux politiques et autres décideurs les informations scientifiques clés pour mesurer la situation et aider à contrecarrer le réchauffement climatique lié à l’activité humaine. Comme le rappelle Jean Jouzel, membre français du Giec : « Les critiques ne doivent pas remettre en cause le diagnostic principal du Giec sur le changement climatique en cours, et surtout sur les dangers de celui, beaucoup plus important, qui surviendra si nous continuons à émettre de plus en plus de gaz à effet de serre ». (Lire l’article sur Developpement durable ici)

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Marée noire un trou dans la terre, empreinte humaine sur l’océan, recul de la pauvreté, glaciers

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée aux réflexions de Naomi Klein sur la marée noire dans le Golfe du Mexique, à l’empreinte de l’homme sur les océans, au recul de la très grande pauvreté selon les Objectifs du Millénaire, à la création du « GIEC » de la biodiversité et aux conséquences de la fonte des glaciers de l’Himalaya, véritables châteaux d’eau de l’Asie.

Burning Off The Surface Oil From BP's Deepwater OilSpill

Marée noire dans le Golfe du Mexique : Un trou dans la Terre, par Naomi Klein

De retour d’un reportage dans le Golfe du Mexique, Naomi Klein, auteure et activiste de renom international, nous livre ses réflexions sur le désastre écologique qui révèle pour elle l’hybris qui est au cœur du système capitaliste.

Si l’ouragan Katrina avait révélé la réalité du racisme aux États-Unis, la catastrophe de BP lève le voile sur une autre réalité, plus cachée encore : le peu de contrôle nous avons sur les forces de la nature. Malgré ses efforts, BP ne parvient pas à boucher le trou qu’il a fait dans la Terre. Obama ne peut commander à l’industrie de pêche de survivre ou aux pélicans de ne pas s’éteindre. Aucun dédommagement, si élevé soit-il, ne pourra rétablir la culture locale lorsqu’elle a perdu ses racines.

Pour Naomi Klein, ce désastre est en lien avec beaucoup de choses : la corruption, la dérégulation, notre dépendance aux combustibles fossiles. Mais avant tout, il montre le sous-entendu si fatalement dangereux de notre culture : d’avoir une compréhension et une maîtrise si complète de la nature que nous pouvons la modifier et manipuler sans risque pour le système naturel dont nous dépendons. L’auteure rappelle que la conception de la nature comme machine que l’homme peut soumettre à sa guise est une prétention récente à l’échelle de l’Histoire. Jusque dans les années 1600, la Terre était considérée comme un être vivant. Les Européens, comme les peuples indigènes aujourd’hui encore, en parlaient comme d’une mère. Un grand nombre de tabous, parmi lesquels l’exploitation minière, empêchaient de la déformer et de la « désacraliser ». Pour l’anthropologue Katia Neves, dire que la nature est sacrée n’était qu’une façon de signifier son humilité devant ses forces et d’agir avec précaution. Le paradigme changea quand la révolution scientifique dévoila quelques uns de ses secrets. Considérée comme une machine inanimée, la nature pouvait désormais être exploitée en toute impunité.

On retrouve cette prétention jusque dans les déclarations de BP aujourd’hui. Si la compagnie n’avait pas de système pour contenir la fuite en cas d’accident, c’est qu’elle n’avait tout simplement pas envisagé ce scénario. Dans les rapports parlant de cette situation hautement improbable, le risque était considéré comme minime et la réaction de la compagnie aurait été immédiate. Les microbes et l’immensité de l’océan se chargeraient du pétrole, les poissons contourneraient la fuite et le mazoute n’atteindrait jamais les côtes, distantes de 77 km (des boulettes de pétrole se retrouvent désormais sur les côtes de Floride, à plus de 300 km…). Un laisser-aller et une hybris qui n’ont été possibles que parce que la classe politique était encline à croire elle aussi à ce pouvoir sur la nature. Encore maintenant, face à l’ampleur de la catastrophe, le déni alimente le discours de certains politiques qui continuent à soutenir le forage offshore. La palme revient à un éditorialiste de Washington qui clame son admiration « devant la capacité humaine à soulever le couvercle du monde souterrain…. »

Un géologue parle au contraire du « puits de Pandore ». A l’heure actuelle, personne ne sait quand et comment le pétrole s’arrêtera de s’écouler, la fuite pouvant durer des années. Le désastre montre à quel point la nature est toujours plus imprévisible que les modèles mathématiques et géologiques les plus sophistiqués ne peuvent le concevoir. Et pour les habitants de la région, en contact permanent avec un écosystème d’une infinie complexité, les discours sur la maîtrise sont tristement ridicules. Ils savent que les marécages ne peuvent être nettoyés et que l’ensemble de l’économie, l’écologie et de la culture locale en dépendent. « Tout meurt », dit une habitante lors d’un rassemblement. Alors, d’autres métaphores apparaissent, celles du saignement ou de l’hémorragie. Pour Naomi Klein, quelque chose d’autre émerge : le sentiment que ce trou au fond de l’océan est autre chose qu’une machine cassée ou un accident mécanique, mais la blessure d’un organisme vivant. Ainsi, 400 ans après la mort déclarée de la nature, et au milieu d’un tel massacre, la Terre nous rappelle qu’elle n’a jamais été une machine et elle redevient vivante à nos yeux. Selon une expression, « les Américains apprennent la géographie des pays étrangers en les bombardant ». Là, nous apprenons l’écologie et les complexes interdépendances de la Vie en la détruisant. (Lire l’article dans le Guardian ici, en anglais)

Blue Linckia Sea Star, Great Barrier Reef, Australia - Photo : flickkerphotos, crédit thundafunda

Blue Linckia Sea Star, Great Barrier Reef, Australia - Photo : flickkerphotos

Comment les hommes laissent leur empreinte sur l’océan

Une étude publiée dans le magazine Science souligne combien l’empreinte de l’homme sur l’océan est profonde, allant jusqu’à modifier la composition même de l’eau. Ce sont toujours les mêmes trois éléments qui sont en cause : la combustion des énergies fossiles, l’agriculture industrielle et le réchauffement climatique. Mais la plupart des effets sont déjà documentés et mesurés et ne sont plus seulement des risques théoriques. Voici les principales menaces qui pèsent sur l’océan, et par là, sur l’homme et ses ressources vitales :

  • Réchauffement : Les océans ont absorbé entre 25 et 30% du CO2 émis par l’homme depuis la Révolution industrielle. Mais au fur et à mesure que la température de l’eau augmente, l’absorption du CO2 ralentit. Ce qui signifie que le CO2 reste dans l’air et que le réchauffement va s’accélérer.
  • Acidification : L’absorption du CO2 a pour conséquence l’acidification de l’eau, qui se fait 30 à 100 fois plus rapidement que par le passé. Les organismes à squelette carboné, interne ou externe, tels que les coraux et les coquillages, en sont menacés et risquent littéralement se dissoudre d’ici la fin du siècle. Un certain type de plancton, base de la chaîne alimentaire marine, risque également de disparaître.
  • Zones mortes : Les engrais et la combustion de combustibles fossiles créent des zones mortes près des côtes. L’activité humaine est la cause de la moitié des nitrates transportés par les rivières vers la mer et qui alimentent les algues et microbes qui menacent le reste de la chaîne alimentaire, des crevettes aux huîtres, des poissons aux pêcheurs.
  • Marées vertes toxiques : L’excès de ces engrais peut aller jusqu’à l’apparition d’algues toxiques qui tuent les poissons et présentent un réel danger sanitaire pour les habitants des côtes.
  • Poissons en manque d’oxygène : Il y a de plus en plus de zones en pleine mer où les poissons luttent pour l’oxygène. L’océan est constitué de couches différentes, des couches d’eaux chaudes se superposent à des couches plus fraîches et plus riches en sel. Mais quand les couches supérieures sont plus chaudes encore, la stratification s’accentue et l’apport en oxygène, venant des couches plus profondes, diminue.
  • Contamination de la chaîne alimentaire : L’activité humaine fait de l’océan un dépôt de polluants : polluants organiques persistants (POP), DDT et PCB, sans parler du mercure. Évidemment, ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire et les poissons et fruits de mers que nous consommons.
  • Plomb : c’est le seul point positif de la liste. Depuis que les canalisations en plomb ont été supprimées dans les années 70, les concentrations en plomb ont diminué dans l’océan Atlantique pour revenir aux niveaux du début du 20e siècle.

Il est difficile de prédire l’effet de l’ensemble de ces impacts, dans la mesure où tous ces éléments interagissent, créant des situations plus complexes encore. Ainsi, les récifs coralliens peuvent dans certaines conditions supporter des eaux plus chaudes, mais pas quand elles sont plus acides en même temps. (Lire l’article de Change.org ici, en anglais)

Homeward-bound - Photo : Meanest Indian

Homeward-bound - Photo : Meanest Indian

L’extrême pauvreté recule dans le monde, selon l’ONU

Un rapport des Nations Unies a fait le point sur les progrès pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Fixés en 2000, ces Objectifs visent à assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le sida, le paludisme et d’autres maladies, préserver l’environnement et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

« La proportion de personnes dans les pays en développement qui subsistent avec moins de 1,25 dollar par jour est passée de 46 % en 1990 à 27 % en 2005 - sous l’effet des progrès en Chine, en Asie du Sud et en Asie de l’Est - et doit tomber à 15 % en 2015 », écrit le rapport. Des progrès ont également été réalisés en matière de scolarisation dans le primaire, notamment en Afrique, dans les combats contre le sida et le paludisme et pour améliorer la santé des enfants. Il relève de bonnes chances d’atteindre l’objectif de garantir l’accès à l’eau potable. En revanche, seule la moitié de la population des pays en développement a accès à des équipements sanitaires comme les toilettes et les latrines. Et les femmes et fillettes restent encore les plus défavorisées : Moins de la moitié des femmes dans certaines régions en développement bénéficient de soins médicaux durant la période de maternité. Et les filles dans les foyers les plus pauvres risquent 3,5 fois de plus de quitter l’école que celles des foyers riches et quatre fois plus que les garçons de même condition. (Lire l’article du Point ici)

Verreauxs Sifaka - Photo : flickkerphotos, crédit dimijianimages.com

Verreaux's Sifaka - Photo : flickkerphotos

Un réseau mondial sur la biodiversité va être créé

L’IPBES, le réseau mondial d’expertise sur la biodiversité, a enfin vu le jour début juin, à l’issue de cinq jours de négociations à Busan en Corée du Sud. A l’image de ce qui existe depuis 1988 pour le climat à travers le GIEC, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais) devra fournir aux gouvernements des évaluations et des scénarios sur l’évolution à venir de la biodiversité mondiale. L’idée de cette plateforme est née en 2005, après la publication de l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire qui avait fait un état des lieux inquiétant des ressources naturelles dont dépendent les sociétés humaines pour leur survie : effondrement des stocks halieutiques, mortalité élevée des récifs coralliens, destruction des grandes forêts tropicales… L’IPBES doit encore être adopté par l’assemblée générale des Nations Unies en septembre à New York, mais le risque de rejet semble être mince, après cinq ans de bataille en faveur de cette institution, que la France a longtemps défendu seule avant d’être rejointe par le PNUE.

Si cinq principales menaces pour l’avenir de la biodiversité ont été identifiées – la surexploitation des ressources naturelles, le changement d’affectation des sols, qui transforme les espaces naturels en cultures ou en villes, les pollutions, la prolifération des espèces invasives et le changement climatique –, il reste à mieux comprendre et hiérarchiser leur impact. Les pays ne disposaient toujours pas de boussole fiable et d’indicateurs précis pour évaluer leur action. A la différence du climat, la recherche sur la biodiversité reste fragmentée et lacunaire. Pour Lucien Chabason, directeur délégué de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), « il y a un déficit de connaissances dans beaucoup de régions du monde. C’est un domaine qui n’a pas été favorisé pendant très longtemps, y compris en France. On se concentrait sur des questions qui apparaissaient complètement marginales aux gouvernements et aux entreprises comme la protection des animaux sauvages ou des zones humides. Au contraire de la pollution par exemple, qui touche plus directement à la santé publique. »

Les pays en développement, où se concentre la plus grande diversité naturelle, ont exigé d’encadrer étroitement le mandat des scientifiques, afin que l’IPBES ne joue pas les donneuses de leçon à l’égard d’États peu respectueux de leur patrimoine naturel. Pour Christine Sourd, directrice adjointe des programmes au WWF, « l’un des enjeux des négociations est que les experts sont plutôt au Nord et la biodiversité au Sud. Il faut éviter que ceux qui ont les moyens savent pendant que les autres subissent. La connaissance ne vient pas de la lune, elle est forcément connotée d’influences culturelles. Il n’y a pas d’observateur isolé qui ne soit pas formaté par les pensées et les systèmes économiques de son pays. Cela suppose de donner aux pays pauvres les moyens, y compris financiers, d’avoir une expertise pour pouvoir parler au même niveau que les autres. » La possibilité de laisser les organisations non gouvernementales (ONG) saisir directement l’IPBES a été écartée. Les ONG, qui contribuent pourtant beaucoup à la production des connaissances dans le domaine de la biodiversité, resteront de « simples observateurs ». (Lire les articles du Monde et de Terra Eco, ici et ici)

Basgo citadel, Ladakh - Photo : hceebee

Basgo citadel, Ladakh - Photo : hceebee

Les châteaux d’eau himalayens menacés de tarissement

Selon une étude néerlandaise, la fonte des glaciers de l’Himalaya suite au changement climatique met en péril la sécurité alimentaire de près de 70 millions de personnes en Asie. Les habitants des bassins de l’Indus, du Gange, du Brahmapoutre, du Yang-Tse et du fleuve Jaune sont tributaires de ces châteaux d’eau, notamment pour les cultures irriguées et l’énergie des barrages hydroélectriques.

L’étude publiée dans Science souligne la diversité des situations, la fonte des glaciers n’étant pas la seule source d’eau de ces régions, qui bénéficient également des pluies de moussons. Les eaux de fonte jouent un rôle crucial pour l’Indus et, à un moindre degré, pour le Brahmapoutre, la contribution de l’eau de fonte étant de moins de 10% pour les autres fleuves. Les deux bassins les plus affectés, ceux de l’Indus et du Brahmapoutre, devraient connaître dans les années 2040 à 2060 une baisse de régime « régulière et considérable ». La raréfaction menacerait la sécurité alimentaire de 34 millions d’habitants dans le bassin du Brahmapoutre, 26 millions dans celui de l’Indus, 7 millions dans celui du Yang-Tse et 2,5 millions dans celui du Gange. (Lire l’article du Monde ici)

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Fossé numérique, delta du Niger, compteurs intelligents, services économiques des écosystèmes

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partageons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée au fossé numérique, à la marée noire permanente dans le delta du Niger, à l’ampleur de la marée noire dans le Golfe du Mexique, aux compteurs intelligents qui permettront des économies d’énergie mais aussi des révélations sur nos habitudes de vie, aux environnements naturels et les services équivalents au PNB mondial qu’ils offrent et au changement climatique qui fait déjà migrer les plantes.

India girls - Photo : One Laptop per Child

Ulaanbaatar, Mongolia - Photo : One Laptop per Child

Le retour en force du fossé numérique

Pour Alan W. Silberberg, auteur du blog IdeaGov et consultant sur les questions de gouvernance numérique et démocratie participative, le fossé numérique, notion développée au début des années 2000, fait un retour en force, en devenant un problème de plus en plus brûlant qui affecte de plus en plus de personnes dans le monde. La progression rapide vers une société fondée sur des besoins technologiques laisse de nombreuses personnes sur le bord de la route, y compris aux États-Unis. Le fossé numérique se creuse là où les personnes ne disposent pas des trois fondamentaux de cette société : un téléphone mobile, un accès Internet facile, un ordinateur en état de marche. Dans les pays en voie de développement, la croissance du téléphone portable est très importante dans certaines régions, mais cela reste le seul moyen de communication et il y a peu d’accès au web et peu de communication par e-mails.

Il y a d’importantes implications politiques derrière ce fossé croissant, p.ex. en terme de politique électorale. Pour que les projets ne tombent pas dans ce fossé numérique, pour que le fossé numérique et le gouvernement 2.0 soient pris en compte en même temps, l’auteur fait quatre propositions :

  • Des fondations et des gouvernements nationaux devraient donner des sac à dos solaires aux enfants des pays en voie de développement, qui fourniraient l’énergie pour leurs appareils électroniques.
  • Aux États-Unis, aucun programme gouvernemental 2.0 ne devrait être financé sans qu’il ne traite la question du fossé numérique et de l’accès à l’information de cette population exclue
.
  • Les pays industrialisés devraient recycler plus efficacement l’électronique, les téléphones mobiles et les ordinateurs, pour créer un marché d’occasion qui permette l’équipement des foyers à faibles revenus et des régions rurales.
  • Les responsables politiques devraient utiliser leur connaissance du fossé numérique pour inclure plus de personnes, et non pour en exclure davantage.

(Lire l’article sur IdeaGov ici, en anglais)

Niger Delta oil disaster

Niger Delta oil disaster

Ignoré du monde, le delta du Niger subit une marée noire permanente depuis 50 ans

Alors que tous les yeux sont tournés vers la catastrophe du Golfe du Mexique, plusieurs articles rappellent le lourd tribut que d’autres régions du monde payent à l’économie pétrolière. Parmi ceux-là, le delta du Niger est de loin la région de la planète la plus polluée par le pétrole.

On estime que tous les ans, les fuites de pétrole et déversements d’hydrocarbure dans le réseau de pipelines du delta du Niger dépassent le volume de la marée noire dans le Golfe jusqu’à présent. Selon une étude conjointe du WWF UK, de la World Conservation Union, du gouvernement fédéral et de la Nigerian Conservation Foundation en 2006, la pollution de pétrole sur les 50 derniers années serait 50 fois plus importante que la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska, sans que personne ne s’en inquiète. Selon les chiffres du gouvernement nigérian, il y a eu plus de 7000 déversements d’hydrocarbures entre 1970 et 2000 et il y a 2000 sites majeurs recensés avec de nombreux petits autres qui attendent toujours d’être nettoyés. Plus de 1000 plaintes ont été déposés rien que contre Shell, principale compagnie sur place.

Les déversements et fuites, dus à des infrastructures défectueuses et souvent vieilles de 40 ans, restent sans réparations pendant des semaines et les populations ne reçoivent ni aides ni indemnités. Dans un environnement totalement pollué, l’espérance de vie dépasse à peine 40 ans sur les deux dernières générations. Le pétrole pollue l’eau et les terres et détruit donc les moyens de subsistance de la population locale, qui vivait de pêche et d’agriculture. « Les populations vivant dans les zones de production du pétrole dans le delta du Niger doivent utiliser une eau polluée pour boire, cuisiner et se laver. Elles consomment du poisson contenant des hydrocarbures et d’autres toxines (lorsqu’elles ont la chance de trouver du poisson), et les terres qu’elles utilisent pour l’agriculture sont détruites », indique Amnesty International dans un rapport, Pétrole, pollution, pauvreté et violations des droits humains dans le delta du Niger publié en 2009.

Amnesty dénonce les violations des droits de l’homme par les compagnies pétrolières qui restent largement au-dessus des lois: « Le delta du Niger constitue un exemple frappant du manque de responsabilité d’un gouvernement envers son peuple, et d’entreprises multinationales n’ayant pratiquement aucun compte à rendre quand leurs activités portent atteinte aux droits humains. » Face à la marée noire dans le Golfe de Mexique, les habitants du Delta sont incrédules devant l’implication des gouvernants, alors que leur souffrance reste sans réponse depuis des décennies. « Si l’accident du Golfe aurait eu lieu au Niger, ni le gouvernement ni la compagnie n’y auraient vraiment prêté attention, dit l’écrivain Ben Ikari, un membre du peuple Ogoni. Ce genre de marée noire arrive en permanence dans le Delta. »

Pour Judith Kimerling, professeur à l’Université de New York et auteure d’une livre sur l’exploitation pétrolière en Équateur, « les déversements, les marées noires, le dégazage délibéré ont lieu en permanence sur les champs pétrolifères du monde entier et peu de personnes ne s’en préoccupent. » C’est comme si ces compagnies pétrolières étaient au-dessus des lois. Pour Nnimo Bassey, directeur de Friends of the Earth au Nigeria, « l’exemple du Golfe du Mexique montre qu’elles sont hors contrôle. C’est clair que BP a bloqué une législation progressiste, à la fois aux États-Unis et au Nigeria. Elles sont un danger pour la planète. Le risque que cela se reproduise encore et encore est très élevé. Elles doivent répondre devant une cour de justice internationale. » (Lire les articles du Guardian ici et de l’Express ici)

Scènes de la marée noire du Golfe de Mexique

Une quarantaine de photos illustre les conséquences désastreuses de la marée noire sur la faune, la flore et les habitants des côtes du Golfe de Mexique. (Voir les photos de Boston.com ici)

Simulation / Marée noire France

Un site pour se rendre compte de la taille de la marée noire

Le site internet « If it was my home » [Si c’était chez moi] permet de visualiser la taille de la marée noire dans le golfe du Mexique. On peut choisir un lieu sur une carte et réaliser l’entendue de la nappe de pétrole qui s’y superpose automatiquement. (Lire l’article sur France 24 ici)

Green power - Photo : S Migol

Green power - Photo : S Migol

Les compteurs intelligents, entre écologie et Big Brother

Les grands distributeurs d’électricité et de gaz remplacent actuellement les anciens compteurs par des « smarts meters », les compteurs dits « intelligents ». Ces « smarts meter » mesurent la consommation énergétique d’un foyer ou d’une entreprise avec bien plus de précision que les compteurs ordinaires et livrent en temps réel le détail de la consommation énergétique de chaque appareil électroménager. Ils permettent aussi de calculer les émissions de CO2 résultant de cette consommation. Les particuliers et les entreprises peuvent ainsi mieux se rendre compte de leur consommation, l’optimiser, éliminer les usages superflus et donc réaliser des économies. Les distributeurs d’électricité et de gaz pourront moduler leurs prix en fonction de l’heure ou de la saison d’usage, pour inciter les consommateurs à consommer en dehors des périodes de pointe.

Les bénéfices écologiques de cette nouvelle génération de meters sont évidents. Mais le détail de notre consommation énergétique révèle aussi beaucoup de nos habitudes et rythmes de vie et les smarts meters pourront se révéler de véritables petits espions dans nos maisons. Des ONG s’inquiètent de la mise en place de d’une surveillance généralisée, « orwellienne », des citoyens ou de la revente de ces données privées à des entreprises commerciales qui pourront cibler précisément les comportements des consommateurs. Dans un article paru dans la revue Science, des chercheurs proposent au contraire de mettre ces données à disposition de la science de façon anonyme, qui pourrait les étudier dans le domaine médical (corrélation de certaines maladies et l’utilisation du micro-ondes p.ex.) (Lire l’article de Fondapol ici)

Les environnements naturels offrent des « services » équivalents au PNB mondial

Dans une étude publiée pour la Journée Mondiale de l’Environnement, le PNUE a estimé que les environnements naturels fournissent chaque année des « services » d’une valeur équivalente à la production mondiale brute, soit entre 21 et 72 000 milliards de dollars. Il souligne que deux tiers de ces écosystèmes sont déjà endommagés, qu’il s’agisse de marais, de mangroves, de récifs coralliens, de forêts ou des sols tropicaux. « Dans le passé, ces services n’étaient jamais ou pratiquement jamais comptabilisés au niveau national ou international. Cela devrait et doit changer », a déclaré le directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner.

La préservation des écosystèmes, 10 fois moins chère que leur restauration, devrait être une priorité. Néanmoins, la restauration, même si elle ne permet que de récupérer 25 à 44% des services originels fournis, reste importante. Ainsi, « les zones humides et les forêts peuvent être jusqu’à 22 fois plus efficaces que d’investir dans les systèmes de traitement d’eau », a indiqué Christian Nelleman, directeur d’études pour ce rapport. (Lire l’article des Échos ici)

We will survive - Photo : HORIZON

We will survive - Photo : HORIZON

Le changement climatique pousse déjà la végétation vers les pôles et l’équateur

Un nouveau rapport paru dans Global Ecology and Biogeography indique que la végétation à travers le monde a déjà commencé à migrer en raison du changement climatique. En fait, depuis le 18e siècle, il y a 15 cas connus de migrations de biomes (ensemble d’écosystèmes), qui se sont déplacés à cause des modifications dans la température et les précipitations. Plus que l’activité humaine immédiate, ce sont les changements climatiques qui engendrent ces modifications de la végétation qui se déplace vers des régions plus froides (en direction des pôles) ou plus humides (vers l’équateur) – un phénomène qui risque donc de se renforcer encore avec le réchauffement climatique annoncé.

Selon les estimations et dépendant de notre capacité à réduire nos émissions de gaz à effets de serre, un dixième ou une moitié des terres sur la planète seront affectées par la migration des plantes due au climat, d’ici à la fin du siècle. L’auteur de l’étude, Patrick Gonzales, estime que nous serions avisés de protéger des régions plus « résiliantes » (moins vulnérables d’un point de vue écologique), pour servir de refuge pour les plantes et les animaux. Quant aux hommes, il rappelle qu’il y a un milliard de personnes qui vivent dans les régions les plus vulnérables. Leur vie et leur culture sont mises en danger, dans la mesure où ils sont, comme tous les êtres humains, dépendants de leur environnement pour leur survie. (Lire l’article de Treehugger ici, en anglais)

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Disparition des abeilles, éco-bilan livre électronique, marée noire, futur durable

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée à l’éco-bilan comparé du livre papier et du livre électronique, à la probable responsabilité des téléphones mobiles dans l’effondrement des populations d’abeilles, aux zones mortes sous-marines créées par la marée noire dans le Golfe du Mexique, à la démarche de l’Équateur qui veut protéger un haut-lieu de la biodiversité contre l’exploitation pétrolière mais contre des compensations financières internationales et aux réflexions d’un environnementaliste américain sur la transition vers un futur plus durable, qui sera également plus heureux.

European Honey Bee Touching Down - Photo : autan

European Honey Bee Touching Down - Photo : autan

Les téléphones mobiles responsables de la disparition des abeilles

Le déclin rapide des populations d’abeilles à travers le monde alarme apiculteurs et scientifiques depuis plusieurs années. Ils ne le relient généralement pas une seule cause, mais à une combinaison de plusieurs facteurs, tels que les pesticides, le changement climatique ou les cultures de plantes génétiquement modifiées.

Une nouvelle étude de l’université du Punjab en Inde a directement mis en cause l’utilisation des téléphones mobiles et la pollution électromagnétique qu’elle engendre. Dans une expérience, les scientifiques ont comparé deux ruches, dont l’une a été placé à proximité de deux téléphones mobiles, allumés à raison de 15 minutes deux fois par jour pendant trois mois. Après ces trois mois, les chercheurs ont constaté un déclin important dans la ruche équipée de mobiles, en termes de population et d’œufs pondus par la reine. Les abeilles ont également cessé de produire du miel et les ouvrières étaient moins nombreuses à revenir à la ruche après avoir collecté du pollen, réduisant ainsi le volume de nectar produit par la ruche.

Les auteurs du rapport soulignent que « l’utilisation croissante de gadgets électroniques crée une pollution électrique dans l’environnement. Le comportement et la biologie des abeilles sont affectés par l’ « électrosmog », ces insectes ayant de la magnétite dans leur corps qui les aide dans leur orientation ». Néanmoins, des apiculteurs anglais rappellent qu’il y a des ruches à Londres, où il y a une forte concentration de téléphones mobiles, et soupçonnent eux aussi plutôt une multiplicité de facteurs à l’origine de l’effondrement des populations. (Lire l’article ici, en anglais)

Oil Slick in the Gulf of Mexico May 17th View - Photo : NASA Goddard Photo and Video

Oil Slick in the Gulf of Mexico May 17th View - Photo : NASA Goddard Photo and Video

La marée noire crée d’immenses ‘zones mortes’ sous l’océan

D’immenses traînées de pétrole et de dispersants chimiques se sont formées dans le Golfe de Mexique suite à l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon le 20 avril dernier. Si les oiseaux mazoutés et les côtes souillés sont les signes les plus spectaculaires de cette marée noire, c’est la pollution sous-marine qui risque d’être la plus dévastatrice sur le long terme, selon les océanographes et toxicologues. L’ensemble de la chaîne alimentaire risque de subir cette pollution pendant des années et d’immenses zones mortes vont se créer desquelles aucune vie marine ne pourra réchapper.

Dans les précédentes marées noires, le pétrole est remonté à la surface et y était traité d’une façon ou d’une autre. Ici, en raison de l’utilisation des dispersants chimiques, ainsi que du poids de cette sorte particulière de pétrole et de la pression due à la grande profondeur de la fuite, la plus grande partie du pétrole est restée sous l’eau, sous forme de nuages de particules. Mais l’utilisation de 800 000 gallons de dispersant chimique, pour éviter que le pétrole n’atteigne les côtes, risque de créer des dommages bien plus irréversibles à la vie sous-marine, une fois qu’il est entré dans la chaîne alimentaire. Le plancton et les petites crevettes, enrobés de cette mixture chimique, seront mangés par les poissons plus grands, passant ainsi les toxines à chaque membre de l’écosystème. « Nous verrons bientôt les animaux morts. Requins, dauphins, tortues marines, baleines : l’impact sur les prédateurs va vite être visible, puisque la chaîne alimentaire est contaminée à sa base », indique Dr Susan Shaw, toxicologue au Marine Environmental Research Institute. Elle est horrifiée par l’utilisation des dispersants. « Le volume répandu est sans précédent. Le plus toxique d’entre eux, le Corexit 9527, est aussi le plus utilisé. Il détruit les cellules rouges du sang et crée des saignements internes chez les poissons. Avec 800 000 gallons, on peut imaginer l’impact mortel. »

Le moment de cette pollution ne pouvait lui aussi être pire : la plupart des animaux sont en pleine période de reproduction. La pollution n’affectera donc pas seulement les animaux adultes, mais également les jeunes, et donc potentiellement le cycle de vie d’une génération entière. Pour des espèces menacées, cela peut sonner le glas de leur extermination : le thon fraie juste au sud de la marée noire et uniquement là. S’il traverse un nuage de pollution à ce moment critique, l’espèce peut tout simplement disparaître.

Personne ne sait quand et si ces traînées toxiques sous-marines remonteront à la surface. Une deuxième marée noire risque de se produire. Les courants peuvent pousser les marées toxiques jusqu’aux côtes de Floride et y endommager l’industrie de pêche et les récifs coralliens centenaires. (Lire l’article ici, en anglais)

Yasuni National Park - Photo : joshbousel

Yasuni National Park - Photo : joshbousel

Équateur : Quand la biodiversité a un prix

Le gouvernement équatorien s’est engagé à ne pas exploiter un gisement pétrolier important situé dans le parc Yasuni en forêt amazonienne, s’il obtient une compensation financière de 350 millions de dollars annuels pendant 10 ans. Au nom d’une «dette écologique» du Nord envers le Sud et pour protéger la biodiversité locale, l’Équateur demande à être indemnisé pour l’équivalent des 850 millions de barils qui reposent dans les sous-sols. Un accord cadre a été signé à Copenhague, mais peu de pays ont encore annoncé leur participation au projet (l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne).

Le parc naturel Yasuní a été reconnu par des scientifiques du monde entier comme étant la zone de plus grande biodiversité de la planète et a été déclaré Réserve mondiale de la biosphère par l’UNESCO : il abrite 2 244 espèces d’arbres, 567 espèces d’oiseaux, 105 espèces d’amphibiens, 83 espèces de reptiles, 382 espèces de poissons, plus de 100 000 espèces d’insectes. Il est également le territoire de trois peuples indigènes dont le mode de vie est menacé dans le cas d’une exploitation des gisements pétroliers.

Cette démarche est une première mondiale, qui s’inscrit dans un certain nombre d’approches cherchant à valoriser la prix de la biodiversité : coût des services rendus par l’espèce, coût de réparation des dégâts sur la nature, manque à gagner de la non-exploitation d’une ressource… Les fonds reçus par l’Équateur seraient investis dans des projets écologiques : protection de l’Amazonie, développement d’énergies renouvelables, recherche scientifique etc. Néanmoins, se pose la question éthique : donner un prix au vivant, est-ce la seule solution pour le respecter ? (Lire l’article ici)

par

Nasa

Le chemin vers un futur plus durable - entretien avec l’environnementaliste américain David Orr

Dans une interview accordée au site Yale Environnement 360, l’environnementaliste américain David Orr aborde sa vision de la transition vers une économie durable. Selon lui, pour effectivement contrer le réchauffement climatique, des pays développés comme les États-Unis devront réduire leurs émissions de gaz à effets de serre de 90% dans les 40 prochaines années, ce qui signifie que la production moyenne de CO2 par Américain devra passer de 22 tonnes par ans, à une ou deux tonnes. Pour y parvenir, il énumère un certain nombre de mesures politiques et économiques, tels que les taxes carbone, la valorisation de l’efficience énergétique des véhicules et bâtiments et la suppression de nombreuses barrières, institutionnelles, financières ou fiscales qui empêchent de s’aligner avec ces objectifs. Il soutient qu’investir fortement dans une politique économique verte est favorable sur plusieurs plans, permettra de réduire le chômage et tirer profit de ce que les Américains savent le mieux faire : innover et créer de nouvelles technologies. Interrogé sur le coût de cette transition énergétique, Orr répond que nous le payons déjà : l’énergie bon marché p.ex. ne répercute pas les coûts collatéraux sur la facture d’électricité, mais ils sont payés ailleurs : comme problèmes de santé, en perte de productivité, en dégradation de l’environnement ou pollution de l’eau.

Au-delà des mesures concrètes, David Orr interroge le style de vie occidental. Malgré un niveau de vie élevé, la vie n’apparaît pas si douce à la plupart des Américains. Même si le PIB augmente, la course effrénée à la consommation et davantage d’argent n’a pas apporté le bonheur, mais au contraire créé un fort sentiment d’inquiétude. La croissance économique a produit plus d’objets [« stuff »] que nous n’en avions besoin, plus d’attentes qu’elle ne pouvait satisfaire, plus de déchets que l’environnement ne peut absorber et plus d’ennuis que nécessaire. Les études sur le bonheur mettent en évidence qu’il ne dépend au contraire que peu des « choses matérielles », une fois que les besoins élémentaires sont satisfaits, mais plutôt de l’amitié et des relations sociales qu’entretient un individu. Orr voit des signaux d’un changement et d’une prise de conscience dans des mouvements, type ‘locavores’, ‘slow food’, ‘simplicité volontaire’ ou le nouvel urbanisme, ainsi que dans la plus grande sensibilité verte des jeunes générations. Pour lui, le mouvement est engagé, bien que pas assez rapidement, de l’hyper-individualisme et du consumérisme vers un style de vie plus durable et davantage tourné vers la communauté.

L’effondrement du marché immobilier américain lors de la crise des subprimes a aussi montré le caractère non durable de cet urbanisme des banlieues, obligeant à des heures de transport et isolant les individus. Un nouvel urbanisme, plus concentré autour des villes, qui sont animées 24 heures sur 24, accessibles aux piétons et aux vélos et disposant de parcs, commerces et écoles à proximité, correspond davantage à la psychologie humaine et nos besoins de sociabilité que les villes dortoirs. Orr s’interroge sur comment la politique et les marchés peuvent fonctionner ensemble : Le marché est le lieu où chacun dit « moi ». La politique, où sont décidées les choses publiques et le bien commun, est le lieu du « nous », le « nous » d’une même génération et société, mais aussi celui de nos petits-enfants et des générations futures. La politique d’urbanisation doit échapper à l’hyper-individualisme, « qui veut tout et pense avoir droit à tout » et doit intégrer la prise en compte du bien commun. (Lire l’interview ici, en anglais)

Livre traditionnel ou Livre numérique : quel est le plus écologique ?

Match serré entre le livre papier et le livre numérique si l’on compare leur empreinte écologique. Explications dans cette vidéo de l’Ademe.

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Retrait des glaciers, économie et biodiversité, océans, émissions de CO2, futur sous serre

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de liens est consacrée à la disparition des glaciers, au rôle économique de la biodiversité, à la pollution des océans et la disparition des poissons, à la croissance prévisionnelle des émissions de CO2 sans mesures adéquates et à un laboratoire d’écologie futuriste

Calfing Glacier - Photo : drurydrama

Calfing Glacier - Photo : drurydrama

La disparition des glaciers dans le monde

Selon les chercheurs en Europe et aux États-Unis, plus de 90% de tous les glaciers dans le monde sont en retrait, avec des reculs majeurs en Alaska, dans les Andes et les Alpes. L’actualité récente en a fait une nouvelle démonstration : En avril, un immense bloc de glace s’est détaché d’un glacier dans les Andes péruviennes, provoquant une vague de Tsunami de 23 mètres de haut en tombant dans un lac, ravageant plusieurs dizaines de maisons, blessant une cinquantaine de personnes et tuant trois individus. Dans le Parc National de Glacier, dans le Montana aux États-Unis, deux nouveaux glaciers ont disparu, réduisant ainsi leur nombre à 25, contre 37 en 1850. Selon les écologistes, ils pourraient tous avoir disparu à la fin de la décennie.

Le retrait des glaciers n’est non seulement un des signes les plus évidents du changement climatique, c’est aussi un coût pour l’économie et l’environnement local - dans le Montana, moins d’eau signifie moins de poissons dans les rivières et un risque accru de feux de forêt. Au Pérou, où se trouvent 70% des glaciers recensés sous les Tropiques, l’effet pourrait être, à l’image du Tsunami récent, encore plus dévastateur. La fonte des glaciers joue aussi un rôle majeur dans la montée du niveau de la mer. (Voir les photos ici, lire les articles ici et ici, en anglais)

Women selling fish in Cambodia - Photo : Masaru Goto / World Bank

Women selling fish in Cambodia - Photo : Masaru Goto / World Bank

Le poids économique de la biodiversité bientôt chiffré par l’ONU

Un rapport de l’ONU annoncé pour cet été évalue le coût économique de la perte de la diversité, à la manière du fameux rapport Stern qui chiffrait le coût prévisionnel du changement climatique. Selon l’économiste Sir Nicolas Stern, l’anticipation et la prévention du changement climatique pèseraient pour 1 ou 2 % de la richesse globale, mais les bénéfices en seraient 5 à 20 fois plus importants. Selon les premiers éléments du nouveau rapport, le poids économique de la biodiversité est encore plus important : la protection des « biens et services naturels », tels que la pollinisation, les plantes médicinales, les sols fertiles, l’eau potable et l’air, rapporterait des bénéfices de 10 à 100 fois supérieurs au coût de la simple protection des espèces et de leur habitat.

Si l’apport de la biodiversité n’est pas pris en compte dans le système économique global, l’environnement deviendra plus fragile et moins résistant aux chocs, mettant en danger la vie des hommes ainsi que l’économie. Le rapport plaide pour des changements profonds dans l’approche économique : À l’avenir, les communautés devraient être payées pour la conservation de la nature plutôt que pour son utilisation ; des limites plus strictes devraient être fixées aux entreprises sur ce qu’elles peuvent prélever des ressources et des taxes et amendes plus lourdes devraient sanctionner les dépassements ; les subventions aux industries agricoles, à la pêche, aux transports et aux énergies devraient être réformées et les gouvernements tout comme les entreprises devront publier les comptes de leur exploitation des ressources naturelles et humaines, au même titre que leurs résultats financiers.

Le rapport fait suite à une série d’études montrant que l’homme provoque actuellement la sixième extinction massive des espèces, depuis que la pollution, le changement climatique, le développement industriel et la chasse détruisent tout type d’habitats, des forêts tropicales aux zones humides, des mangroves aux bruyères. Malgré cela, comme le montre un rapport de PricewaterhouseCoopers, seulement deux des 100 compagnies les plus importantes pensent que la perte de la biodiversité est une menace pour leur avenir économique. (Lire l’article ici, en anglais)

« Nous prélevons 100 millions de tonnes d’espèces de l’océan et les remplaçons avec du plastique »

Dans une interview à Bloomberg, Sylvia Earl, océanographe américaine et lauréate du prix TED en 2009, décrit la dévastation apportée par l’homme aux océans. Spécialiste des zones profondes des océans, qu’elle explore avec des submersibles de tout types, elle témoigne que cela fait trente ans qu’elle n’a pas effectué une mission sans voir de déchets dans l’eau, même dans les plus grandes profondeurs. 90% des grands poissons ont disparu, la moitié des récifs coralliens sont morts et de nombreuses zones des océans du monde sont sans oxygène, donc sans vie. Sylvia Earl pointe notamment l’absurdité du système des subventions à la pêche, les gouvernements payant des grandes flottes industrielles pour détruire l’océan : « Pêcher des crevettes [avec cette méthode], c’est comme raser une forêt pour attraper des passereaux et des écureuils. Vous jetez le bois et toutes les autres bêtes pour quelques livres de protéines. » Ainsi, pour chaque livre de sushi que nous mangeons, 10 à 100 livres de poissons morts sont rejetés à la mer. Toujours selon la formule de Sylvia Earl, la pêche au thon rouge, une espèce menacée mais néanmoins surpêchée, c’est « comme griller des pandas ou des léopards de neiges. » (Lire les articles ici et ici, voir la vidéo de TED, en anglais)

Save the Planet - Photo : Funky64

Save the Planet - Photo : Funky64

Les émissions de CO2 pourraient augmenter de 43% d’ici 2035

Selon les projections de l’agence pour l’énergie américaine (EIA), si les grands pays du monde ne changeaient pas fondamentalement leurs politiques énergétiques, les émissions de CO2 pourraient passer de 29 milliards de tonnes en 2007 à 42 milliards en 2035, soit une progression de 43%. La grande part de ces émissions de gaz à effets de serre proviendrait des pays émergents, Inde, Chine et Brésil, dont la consommation énergétique va presque doubler d’ici 2025 selon les prévisions. L’agence se montre sceptique face aux énergies renouvelables, à l’exception de l’hydroélectrique et du vent, qui ne seraient pas assez compétitifs sur la période considérée. Les défenseurs des énergies propres ont fortement critiqué ce rapport, qui n’accorderait pas assez de crédit notamment à l’énergie solaire. (Lire l’article ici)

Notting Hill garden little planet - Photo : strollerdos

Notting Hill garden little planet - Photo : strollerdos

La Terre de demain déjà sous serre

À Montpellier, douze dômes abritent les écosystèmes plongés dans un environnement futuriste. Projet d’un nouveau laboratoire de l’écologie, l’Ecotron, ces serres laissent passer les rayons UV, indispensables à la croissance des plantes, mais aucun autre élément de l’atmosphère. Les chercheurs y reproduisent avec une exactitude inédite des écosystèmes dont ils mesurent à intervalles réguliers la concentration en CO2, la température ou le taux d’humidité. Le but du dispositif est d’évaluer la réaction des écosystèmes au changement climatique et d’améliorer les modèles climatiques. La première expérience, visant à simuler le climat en Auvergne en 2050, vient de démarrer.

«La nouveauté sur cette structure, c’est que nous pouvons mesurer des processus et les modifier, afin d’évaluer les conséquences des changements globaux sur le stockage du carbone dans les écosystèmes» explique Jacques Roy, directeur de l’Ecotron. En plus des 12 dômes du plateau «macrocosmes», l’Ecotron sera équipé avant la fin de l’année de deux nouvelles structures de recherche : un plateau «mésocosmes», dont les unités permettront d’étudier des écosystèmes plus modestes, et un plateau «microcosme», réservé aux analyses fines. Les effets des pesticides, des OGM ou des isotopes radioactifs pourront être analysés à travers ces autres dispositifs. Financé par le CNRS et la région Languedoc-Roussillon, Ecotron est un outil français qui servira aux chercheurs du monde entier pour mieux envisager l’avenir de notre planète. (Lire l’article ici)

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Disparition des poissons, marée noire, sécheresse au Yunnan, GPS contre déforestation

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée au risque de disparition des poissons d’ici 40 ans, aux possibles conséquences sociales de la marée noire, aux causes de la sécheresse dans le Yunnan en Chine, au nouveau rapport sur le climat de l’Académie des Sciences américaine et à la lutte contre la déforestation au GPS dans le bassin du Congo.

par Mike Johnston

Les poissons pourraient avoir disparu des océans d’ici 40 ans

Sans une restructuration profonde du secteur de la pêche, les poissons pourront disparaître de nos océans d’ici 40 ans, ont prévenu les experts de l’ONU dans un rapport sur l’économie verte. Pour éviter cette catastrophe, les gouvernements devront réduire les subventions aux flottes de pêche et mettre en place des zones protégées pour les poissons. Principal problème selon le rapport, les capacités des flottes de pêche sont « 50 à 60% » supérieures à ce qu’elles devraient être et ne laissent ainsi pas le temps aux ressources de se reconstituer.

La chute des réserves de poissons de la planète est un problème écologique, mais aussi une question de subsistance pour un milliard de personnes, dont la poisson constitue souvent la seule source de protéines. 35 millions de personnes vivent de la pêche dans le monde, 170 millions d’emplois en dépendent de manière directe ou indirecte et en tout, 520 millions de personnes y sont financièrement liées. Le monde « épuise le capital » dont il a besoin, souligne le directeur du PNUE, Achim Steiner. 30% des réserves halieutiques ont déjà disparu et l’ensemble des activités de pêche risque de ne plus être rentable d’ici 2050. (Lire l’article ici)

Clean-up of Exxon Valdez spill - Photo : jimbrickett

Clean-up of Exxon Valdez spill - Photo : jimbrickett

Les leçons de l’Exxon Valdez : les conséquences sociales de la marée noire

Cinq mois après la catastrophe de l’Exxon Valdez en 1989, le sociologue J. Steven Picou était arrivé dans un village de pêcheurs pour étudier les effets du désastre sur la communauté. Professeur à l’université de l’Alabama, Picou est depuis devenu expert mondial des conséquences sociales de la marée noire. Vivant à quelques kilomètres du Golfe de Mexique, son expérience du sujet est de nouveau d’actualité et pourra peut-être aider à prévenir quelques uns de effets sociaux les plus graves de ce type de catastrophes.

L’étude menée à Cordova en Alaska a montré comment une communauté souffre sur plusieurs décennies de la catastrophe : Insomnies, colères sans raisons, émotivité, pensées obsédantes, mais surtout amitiés brisées, relations familiales envenimés et taux de divorce en progression. Le niveau de stress constaté était celui rencontré chez des personnes ayant subi un traumatisme personnel grave. Ce stress a transformé le village en ce que le sociologue appelle une « communauté corrosive », les rapports sociaux dégénérant en querelles et recherche de boucs émissaires. Le maire du village s’est donnée la mort quatre an plus tard, expliquant son geste par le désespoir de n’avoir pu aider sa communauté à surmonter psychologiquement et économiquement la catastrophe.

Pour Picou, malgré leur distance, il y a de nombreuses similitudes entre la région de l’Alaska et la Louisiane. Ce sont de petites communautés mais avec des identités culturelles fortes et qui dépendent entièrement de la pêche et donc d’un environnement sain. Selon le sociologue, c’est cette relation directe avec l’environnement qui rend particulièrement vulnérable psychologiquement. L’identité des pêcheurs de l’Alaska dépendait de leur capacité à nourrir leur famille avec le fruit de leur pêche, la catastrophe a ruiné à la fois leur fierté et leur niveau de vie.

Face à la nouvelle marée noire, Picou insiste pour que les communautés restent soudés. Il encourage les gens à agir, plutôt que d’attendre passivement l’aide de BP ou du gouvernement. Mais déjà il note chez les pêcheurs un sentiment d’avoir été trahis par le gouvernement et BP, mais aussi par leurs amis qui travaillent sur les plates-formes et qui avaient prétendus qu’elles étaient sûres… (Lire l’article ici, en anglais)

Dried up water reservoir in rural area of Yunnan province, China  - Photo : Remko Tanis

Dried up water reservoir in rural area of Yunnan province, China - Photo : Remko Tanis

La sécheresse en Chine met en lumière les menaces climatiques futures

Le Yunnan a connu cette année une des pires sécheresses de son histoire, avec une diminution de 60% des précipitations. 8,1 Millions de personnes, soit 18% de la population du Yunnan, sont à court d’eau potable et des récoltes d’une valeur de 2,5 milliards de dollars sont perdus. Les précipitations diminuent régulièrement dans cette région depuis 1960. Pour les scientifiques, la sécheresse de cette année illustre comment les conséquences du réchauffement climatique combinées à une mauvaise gestion des ressources peut conduire au désastre.

Parmi les causes citées figurent le phénomène El Niño, statistiquement reconnu pour ses conséquences indirectes sur le climat du sud-ouest de la Chine, mais surtout la déforestation dans les montagnes du Yunnan. La forêt est un régulateur naturel du climat et stocke l’eau dans son sol et sa canopée. Or, entre 1976 et 2003, la forêt primaire du Yunnan a été réduite à 3,6% de sa couverture d’origine. Elle a été remplacée par l’hévéa pour la fabrication de caoutchouc ou par l’eucalyptus, tous deux extrêmement gourmands en eau. L’exploitation des mines et des carrières, ainsi que l’urbanisation croissante ont également supprimé d’immenses surfaces de forêt, avec pour conséquence une augmentation de l’érosion, des glissements de terrain et des inondations.

Les scientifiques craignent que les sécheresses deviennent plus fréquentes dans tout le sud de l’Asie. Avec aussi des effets irréversibles sur la biodiversité, comme l’illustre l’augmentation de 10% des lianes dans les forêts du Yunnan. Un environnement plus sec profite à cette plante qui sait puiser l’eau en profondeur grâce à ses racines. Mais les lianes absorbent peu de CO2 et leur développement dans les forêts primaires risque de diminuer la fonction de puits de carbone de celles-ci et donc de contribuer au réchauffement.

Autre facteur aggravant pointé par les scientifiques chinois, une mauvaise gestion de l’infrastructure à petite échelle. La plupart des réservoirs ont plus de 50 ans et ne sont plus en état de fonctionnement. Les lacs sont pollués et inutilisables. Ne misant que sur des grands projets hydrauliques, la région ne dispose plus de l’ensemble des petits points d’eau qui auraient permis de mieux affronter la sécheresse. Les scientifiques déclarent qu’il faut apprendre les leçons de cette sécheresse, car des situations extrêmes comme celle-ci risquent de se produire de plus en plus fréquemment. (Lire l’article ici, en anglais)

Pollution - Photo : tsak_d

Pollution - Photo : tsak_d

Climat : l’Académie des sciences américaine veut agir

L’Académie des Sciences américaine a publié un rapport dans lequel elle propose de changer radicalement les politiques de lutte contre le changement climatique. Répondant à une requête du Congrès en 2008, le rapport est publié au moment où la dernière version du projet de loi énergie-climat est présentée au Sénat américain. Composé de trois volets, le rapport réaffirme en premier lieu les principales conclusions du GIEC : « que le changement climatique est une réalité, qu’il est principalement le fait des activités humaines et qu’il pose des risques significatifs pour un large éventail de systèmes naturels et humains ».

Cosigné par quatorze économistes et climatologues, le rapport plaide ensuite pour une réduction forte des émissions aux États-Unis et dans le monde, à travers des objectifs concrets et mesurables pour les responsables politiques et les industriels. Elle doit notamment passer par une « décarbonisation de l’économie », à travers un système de taxe carbone « aussi élevée que possible sans que l’opinion la rejette » ou un marché de négociation et d’échange de droits d’émission [« cap and trade »] présentant l’avantage d’une plus grande flexibilité économique. Les scientifiques suggèrent aussi de développer massivement la recherche en faveur des énergies renouvelables et la mise en place de programmes de recherche sur des systèmes d’ingénierie climatique. Ils proposent également d’autres pistes permettant de concilier la lutte contre le réchauffement et l’amélioration des conditions de vie, telles que la lutte contre la suie et le méthane et l’ozone en basse atmosphère, fortement pollueurs. « Nous pensons qu’il faut commencer par des actions susceptibles de rallier le plus grand nombre et permettant d’obtenir les résultats les plus rapides », concluent les auteurs américains, un pragmatisme plus efficace selon eux que l’approche onusienne qui serait fondée sur la culpabilisation des gros émetteurs de carbone.

Un troisième volet plaide dès à présent pour une politique d’adaptation aux conséquences du réchauffement climatique, telles que la montée du niveau de la mer ou les sécheresses et tempêtes plus fréquentes. L’anticipation en réduira les coûts, alors que l’inaction actuelle risque de peser très lourdement sur les finances des générations futures. (Lire les articles ici, et ici, en anglais)

Chasseur pygmee - Photo : McMarcLouwes

Chasseur pygmee - Photo : McMarcLouwes

Congo: le GPS aide les gardiens de la jungle

Équipés de GPS [Système de positionnement par satellites] par une ONG, Pygmées et Bantous du bassin du Congo, le deuxième massif forestier tropical du monde, dressent la carte de leur patrimoine naturel. En cartographiant les lieux de chasse, les terres agricoles et les lieux sacrés, ils espèrent ainsi empêcher les compagnies de piller leurs ressources et défendre leur espace de vie face aux industriels. Avec l’appui de militants locaux et le soutien financier d’ONG internationales comme Rainforest Foundation, plus de 160 villages de la République démocratique du Congo se sont lancés dans la cartographie et des projets similaires se développent dans les pays voisins du bassin du Congo.

Dans ces régions, transformées par l’exploitation massive et illégale de la forêt, la pauvreté progresse. Les chasseurs doivent marcher de plus en plus loin à la recherche de leurs proies, le poisson se fait rare et même les chenilles dodues de la forêt, principale source de protéines, disparaissent, depuis que les compagnies forestières ont commencé à couper les arbres sur lesquels elles vivaient. L’agriculture sur brûlis et l’utilisation intensive du charbon de bois appauvrissent la forêt. Des villageois aux ONG internationales, en passant par le gouvernement congolais, tout le monde s’accorde pour dénoncer la déforestation, qui est aussi la première cause des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. En protégeant la forêt, les habitants comptent également obtenir leur part des financements que les pays développés ont accepté d’allouer à la protection de la forêt équatoriale, lors du sommet de Copenhague de décembre dernier : 2,55 milliards d’euros d’ici 2012. Mais si la manne internationale fait rêver, de l’aveu même du gouvernement, dans un pays où il y a très peu d’emplois, la maîtrise de la déforestation illégale est difficile et les compagnies forestières continuent de tronçonner les arbres souvent sans autorisation ou en payant directement les habitants. (Lire l’article ici)

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215 millions d’enfants travailleurs, violence armée, sauvegarde des savoirs traditionnels, profiling mobile

Revue de liens hebdomadaire reprenant les infos les plus pertinentes diffusées par Twitter par l’équipe des Humains Associés. Chaque jour, nous partagerons des liens de sources diverses. Cette semaine, la revue de lien est consacrée au travail des enfants, aux victimes des violences armées, à la création d’un institut pour la sauvegarde des savoirs traditionnels, à la biodiversité et à un nouveau système de ciblage comportemental à partir des téléphones portables.

Child gemstone workers - Photo : The National Labor Commitee

Child gemstone workers - Photo : The National Labor Commitee

215 millions d’enfants travaillent dans le monde

Le Bureau international du travail (BIT) a rendu public un rapport quadriennal dans lequel il s’inquiète du relâchement des efforts déployés pour éradiquer les pires formes de travail des enfants. Le monde est passé de 222 à 215 millions de travailleurs enfants, soit une baisse de 3% seulement entre 2004 et 2008, un rythme beaucoup trop lent. Sur les 215 millions d’enfants qui travaillent encore aujourd’hui, 115 millions sont exposés à des «travaux dangereux», un qualificatif utilisé pour évoquer les pires formes de travail.

Le rapport montre des situations contrastées selon les régions, le sexe et l’âge des enfants : Le travail des enfants diminue en Asie, dans le Pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, alors qu’il continue d’augmenter en Afrique subsaharienne, faisant même de cette région du monde la zone géographique où la proportion d’enfants qui travaillent est la plus forte, avec un enfant sur quatre. Les progrès ont été réalisés auprès des enfants âgés de 5 à 14 ans, où le nombre d’enfants au travail a baissé de 10% globalement et de 31% quand il s’agit de travaux dangereux. Le travail des filles dans cette tranche d’âge a également diminué de 15% par rapport à 2006. « En fait, l’essentiel du déclin mondial résulte de la réduction du nombre de filles impliquées », souligne Constance Thomas, directrice du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC). En revanche, le nombre de garçons âgés de 5 à 14 ans qui travaillent est en augmentation de 7%.  Et le chiffre prend des proportions alarmantes pour la tranche 15-17 ans, avec 62 millions d’adolescents au travail, contre 52 millions en 2006, soit une hausse d’environ 20%. Selon la directrice du programme à l’IPEC, l’Afrique reste l’un des défis majeurs de la lutte contre le travail des enfants, ainsi que la modernisation de l’agriculture, secteur d’activité qui emploie le plus grand nombre d’enfants et la lutte contre les formes dissimulées du travail des enfants, qui sont souvent les pires. Le travail des enfants prend sa racine dans la pauvreté. Pour Constance Thomas, la crise économique ne doit pas fournir d’excuse supplémentaire pour réduire les dépenses sociales telles que l’éducation et l’aide internationale, mais au contraire mobiliser contre le travail des enfants et pour leur scolarisation, vu comme un investissement propice au développement.

A l’occasion de la conférence mondiale sur le travail des enfants à La Haye en mai, lors de laquelle le rapport quadriennal du BIT a été présenté, les 450 délégués venus de 80 pays se sont mis d’accord sur une feuille de route qui vise à «augmenter de manière substantielle» les efforts mondiaux pour éliminer les pires formes de travail des enfants d’ici à 2016. (Lire l’article ici, voir la galerie photo ici)

Peace Sign - Photo : shortie

Peace Sign - Photo : shortie

2000 personnes meurent chaque jour de la violence armée dans le monde

Selon un responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Adam Rogers, 740 000 personnes meurent chaque année de la violence armée dans le monde, soit 2000 personnes par jour ! Les représentants de près de 60 pays assistant à la Conférence internationale sur la violence armée ont examiné les moyens concrets de l’endiguer. La violence armée remet en cause le développement de nombreux pays et plus généralement la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) définis par l’ONU en 2000. « Avec la quantité d’armes légères qui circulent dans les rues et entre les mains des gangs criminels, il devient de plus en plus difficile d’atteindre les objectifs humanitaires et de développement définis dans les OMD », a regretté Adam Rogers, lors d’une conférence de presse préparatoire à Genève. Environ 90% des décès dus à la violence armée surviennent dans les pays à bas et moyens revenus et a donc un impact dévastateur sur l’éducation, la santé et la lutte contre la pauvreté. Le Directeur adjoint du Bureau du PNUD pour la prévention des conflits et le rétablissement, Miguel Bermeo, prévient que « la crise financière globale plongera 90 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et le besoin de cibler les racines de la violence n’a jamais été aussi pressant ». Il souligne que le coût de la violence armée est de 163 milliards de dollars, « soit plus du total des dépenses de l’aide publique au développement ». (Lire l’article ici)

Biodiversité : Aucun pays n’a atteint les objectifs de 2002

En 2002, la communauté internationale s’était fixée pour objectif en 2010 une réduction de la perte de biodiversité et avait défini quinze indicateurs permettant de mesurer les évolutions de la biodiversité. Dans un rapport publié début mai, l’ONU indique que 10 d’entre ces indicateurs sont dans le rouge et qu’aucun des 110 pays ayant remis leurs rapports d’évaluation n’a atteint les objectifs. Plusieurs points de basculements ont été franchis. Cela signifie que certaines situations sont sur le point de devenir quasiment irréversibles, parmi lesquels les lacs d’eau douce gagnés par les algues et l’asphyxie, l’effondrement de plusieurs écosystèmes de massifs coralliens et le dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne.

L’ONU considère dans son rapport que les objectifs de 2002 ne sont pas atteints en raison notamment du manque d’engagement des gouvernements, mais souligne aussi cinq phénomènes accélérant la perte de diversité biologique : le changement de l’habitat, la surexploitation, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques. « Les écosystèmes sur lesquels reposent l’économie, l’agriculture, la vie (…) sont menacés d’une rapide dégradation, voire de disparition, si aucune action radicale n’est engagée pour les préserver », soulignent les auteurs du rapport. « Pour s’attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité, nous devons lui donner une priorité plus élevée dans tous les domaines de prise de décision et dans tous les secteurs économiques », explique Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU. (Lire les articles ici et ici)

Culture de riz en terrasse au Népal - Photo : francis deport

Culture de riz en terrasse au Népal - Photo : francis deport

Un Institut pour sauver les savoirs traditionnels

Un Institut pour préserver les savoirs traditionnels a été créé sous l’égide de l’UNESCO à Bagno a Ripoli, à l’est de Florence. L’institut ITKI [International Traditional Knowledge Institute] a pour mission de rassembler « les centaines de milliers de solutions anciennes et actuelles à la désertification, au manque d’eau, aux éboulements, au gaspillage de l’énergie » qui existent dans les sociétés traditionnelles et qui ont  souvent été abandonnées avec la révolution industrielle. Face au réchauffement climatique, ces techniques traditionnelles, - de captation de l’eau, de jardins sur les toits ou de tunnels drainants souterrains p.ex. - sont de nouveau d’actualité, car beaucoup moins coûteux que des équipements nouveaux. Pour l’institut, qui soutient l’énergie solaire, il ne s’agit pas d’opposer la tradition à la modernité, mais de les combiner de manière innovante pour « le développement d’un nouveau modèle de progrès humain ». (Lire l’article ici)

Mobile Phones - Photo : The Lightworkers

Mobile Phones - Photo : The Lightworkers

Profiler un possesseur de téléphone portable sur la base de ses déplacements quotidiens

Une équipe de spécialistes d’intelligence artificielle de l’université Columbia de New York a mis au point un système permettant de profiler un possesseur de téléphone portable en se basant exclusivement sur ses déplacements quotidiens. Après une période d’observation continue des mouvements d’un téléphone, le moteur d’intelligence artificielle saura si son propriétaire est un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, dépensier ou avare, diplômé ou non, nomade ou sédentaire, employé stable ou précaire… sans que celui-ci n’aura été soumis à aucun questionnement. Les chercheurs s’appuient sur une plateforme capable de recueillir l’ensemble des informations en provenance des portables, transmises via les antennes relais ou les puces GPS dont sont équipés les smartsphones. Ensuite, le moteur d’intelligence artificielle va analyser ces flux de données anonymisées, en déduire un ensemble de caractéristiques individuelles et les segmenter selon les catégories prédéfinies.

Les ingénieurs ont expérimenté leur système avec les données de mobilité de personnes dont ils connaissent déjà les caractéristiques et ont laissé le moteur d’intelligence artificielle établir des modèles de déplacements par catégories. Ensuite, avec les données appartenant à des personnes dont on ne sait rien, la machine effectue ses propres déductions statistiques, sans intervention humaine. « Par exemple, explique le directeur technique, notre système calcule l’âge d’un possesseur de mobile en se basant sur sa vitesse moyenne de déplacement. Les jeunes bougent vite, souvent et de façon imprévisible. Les plus âgés se déplacent de façon plus lente et plus régulière. Aucun ingénieur n’y avait pensé. » Le système serait capable de fournir des pourcentages statistiques sur les habitudes alimentaires de ses cibles, ou encore de déterminer si un consommateur aura tendance à rester fidèle à ses marques préférées, ou si au contraire, il sera capable d’en changer sur un coup de tête. Pour monétiser cette invention, une partie de l’équipe a créé une start-up baptisée Sense Networks. Ses premiers clients seront sans doute les agences de publicité et de marketing et les professionnels du commerce en ligne, qui rêvent depuis toujours de profiler les utilisateurs de portables pour leur envoyer des messages publicitaires personnalisés et des offres commerciales ultra-ciblées.

En France, ce type de systèmes, qui ne sont pas sans poser d’énormes problèmes néthiques, sont encadrés par la CNIL. Si les données sont traitées en France et si les messages commerciaux sont diffusés sur le territoire français, les sociétés exploitantes sont, en théorie, tenues de s’enregistrer auprès de la CNIL. Mais lorsqu’il s’agit d’entreprises étrangères, la CNIL n’a pas les moyens concrets de les contraindre. (Lire l’article ici)

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